Le Conseil Politique du parti Jil Jadid a tenu sa première réunion de la rentrée, vendredi 16 septembre 2022, par un retour sur les résolutions de son congrès du 25 juin 2022 et en abordant divers points relatifs à l’actualité politique et économique nationale. Avec, au bout, une analyse inquiète de la conjoncture politico-économique et un relatif optimisme pour la politique étrangère.

Par Salim Benour
Selon le communiqué de son Conseil rendu public hier, la formation dirigée par Soufiane Djilali s’inquiète de la conjoncture actuelle à l’échelle nationale et internationale. A partir de ce constat, elle livre une lecture critique de l’actualité du pays, considérant qu’il «a besoin plus que jamais d’entamer de larges et profondes réformes» dans divers secteurs (…) en particulier dans le fonctionnement de son économie».
Jil Jadid déclare encourager les «efforts de soutien à la production et à l’investissement dans les startups» qui sont désormais chapeautés par un ministère à part entière depuis le récent remaniement gouvernemental. Cependant, il appelle à poursuivre «la levée des blocages administratifs» aux «nombreux projets économiques en souffrance».
Le parti constate que «la bureaucratie, la multiplication des méandres administratives et la gestion clientéliste de certains secteurs rentiers vont à l’encontre des déclarations et engagements des autorités supérieures de l’Etat». Il déplore que «les multiples difficultés apparues dans l’application de la nouvelle vision politique révèlent des résistances au changement, la sclérose des mentalités à divers échelon des responsabilités et la persistance ou, plus grave, la reconstitution de réseaux prédateurs actifs, anciens et nouveaux».
Dans son analyse de la conjoncture nationale, Jil Jadid estime qu’«il est vrai qu’une lutte contre la corruption est engagée et que de très nombreux anciens responsables se trouvent face à la justice». Cependant, nuance-t-il, «le traitement politique de ces dérives par les autorités ne peut justifier un immobilisme gouvernemental handicapant et un manque flagrant de communication». Son appréciation est que «la vie politique du pays semble paralysée et le musellement implicite de toute parole critique renforce le sentiment d’une fermeture politique incompréhensible et à terme dangereuse».
Par rapport à la chronique judiciaire, semble-t-il relative à l’affaire du journaliste d’El Chourouk poursuivi pour un article jugé attentatoire à la filière dattière algérienne et à son économie – sur lequel le parti a déjà réagi par un communiqué de protestation -, Jil Jadid «regrette et condamne l’utilisation abusive de la détention préventive». «Dont celle qui concerne les journalistes dans le cadre de leurs activités professionnelles».
Et de considérer qu’«il y a là, un non-respect de la Constitution concernant la liberté d’opinion et d’expression». Et d’observer que «l’état d’esprit chez les professionnels de l’information est de plus en plus à l’autocensure et au désengagement par rapport à la dénonciation des faits répréhensibles».
Pour Jil Jadid, «la neutralisation des journalistes nationaux ouvre la voie, malheureusement, aux discours nihilistes et destructeurs portés par ceux qui sont hors de portée des lois nationales et surtout prépare le terrain à de nouveaux excès, protégés par l’omerta et l’impunité». «Il ne peut y avoir de mobilisation nationale sans confiance populaire et dans ce cadre, un autoritarisme injustifié va à contresens de la volonté affichée par le Président de la République», lit-on encore dans le communiqué de son Conseil politique.
A l’échelle internationale, le parti considère que «la crise énergétique prend dans le monde une ampleur démesurée et si, pour le moment, ses retombées financières sont positives pour l’Algérie, il reste qu’elle pose des questions fondamentales et urgentes par rapport aux conséquences directes et indirectes sur le pays». «L’inflation à deux chiffres touchant nos partenaires de l’UE et l’appauvrissement brutal des couches les plus défavorisées se répercuteront, non seulement sur le coût des produits et services importés de cette zone économique, mais également pourraient provoquer un mouvement de retour vers le pays d’une partie significative de notre communauté, la plus précaire, installée en Europe».
Pour ce qui concerne la politique étrangère, Jli Jadid «salue» les «positions de l’Algérie à l’international. «En effet, l’Algérie est de nouveau pleinement présente dans le jeu complexe des nations, affirme-t-il voyant un «rapprochement qui mérite le soutien» avec les BRICS. «Plus encore, l’Algérie est en droit de convoiter au moins un statut de partenaire au sein de l’OCS (Organisation de la coopération de Shanghai ndlr) à l’image de plusieurs autres pays arabes. Cela lui donnerait une perspective hautement stratégique dans la nouvelle carte géopolitique qui se dessine», croit savoir la formation de Soufiane Jil Jadid. <