La question des médias était un des points abordés lors de l’audience accordée par le président de la République Tebboune à Sofiane Djilali, président du parti Jil Jadid, a confié, hier, le premier responsable du parti. Affirmant : «J’ai insisté auprès du président Tebboune sur le fait que les médias doivent s’ouvrir plus largement sur les débats contradictoires.»

Par Sihem Bounabi
Intervenant, hier, sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale, Sofiane Djilali précise à ce propos que «nous sommes conscients des menaces de déstabilisation, mais les dimensions judiciaire et sécuritaire ne peuvent à elles seules résoudre les problèmes du pays lorsqu’il y a un manque de confiances entre les citoyens et les institutions, en général». Il insiste ainsi sur l’importance de l’instauration d’un véritable débat en estimant que «c’est à travers le dialogue et l’ouverture que l’on peut rétablir un crédit pour les médias et surtout éviter de laisser le terrain absolument ouvert pour certains porte-paroles d’une voix politique qui peut être chaotique pour le pays».
Le chef de parti souligne ainsi qu’«à force de fermer et de contrôler, on finit par donner un large espace à d’autres». Il cite à titre d’exemple le support des réseaux sociaux qui sont incontrôlables, aujourd’hui, et qui font partie du quotidien des Algériens, tout en insistant sur le fait que «c’est par la liberté et la vérité qu’il peut y avoir une communication de confiance». Sofiane Djilali a toutefois tenu à saluer la démarche de dialogue du président de la République, qui a récemment reçu plusieurs chefs de parti politique. Il déclare à ce propos que «depuis la venue du président Tebboune, un dialogue avec les partis politiques commence à s’instaurer. C’est une évolution qui peut participer au renforcement de la communication et de l’idée que les responsables du pays sont à l’écoute des avis contraires».
Concernant l’audience, le chef du parti Jil Jadid déclare qu’il a eu «une discussion franche avec le président de la République. J’ai présenté plusieurs points de vue et abordé plusieurs questions qu’il a écouté attentivement. Il a été jusqu’au bout de la logique du dialogue en donnant des réponses logiques». En outre, la situation économique a également été abordée par Sofiane Djilali qui souligne que «l’Algérie, qui se trouve à proximité du Vieux continent, a de l’énergie en abondance, une jeunesse disponible créative et instruite, nous avons de l’espace, il faut faire en sorte d’attirer les capitaux et les investissements». Pronostiquant ainsi que «l’Algérie peut devenir une plaque tournante de développement industriel en relation avec l’Europe qui devrait se positionner dans ce jeu géopolitique mondial qui ne peut que servir le pays».
A propos du contexte géopolitique mondial bouleversé, Sofiane Djilali souligne «c’est incontestable que nous sommes en train de vivre un moment clé de ce XXIe siècle et je pense que la situation actuelle est le symptôme d’un profond bouleversement où beaucoup de pays vont revoir leur façon de faire». Il explique ainsi que «l’ordre mondial est en train d’être remis en cause. Nous passons très probablement d’un système à pôle unique, où il y a une mondialisation menée spécialement par le bloc occidental, vers un monde multipolaire où on est en train de passer d’une volonté unique à une volonté plurielle. De ce fait, il y aura un équilibre qui va se rétablir».

Installation d’une commission nationale pour revoir les subventions
Le président de Jil Jadid a également annoncé que son parti a été consulté pour l’installation prochaine d’une commission nationale prévue par le président de la République pour l’étude des modalités de subventions. Cette commission regrouperait aussi des chefs de parti et d’autres membres de différentes organisations sociales qui œuvreront à la mise en place des subventions ciblées destinées aux franges fragiles. Il confie concernant les propositions de son parti sur le sujet que «nous avons une approche globale et il est évident que certains produits subventionnés par l’Etat entrent malheureusement dans des circuits qui alimentent parfois la contrebande vers les pays voisins», soulignant toutefois que «l’on ne peut pas sauter les pieds joints dans une situation nouvelle alors que de larges pans de la population n’ont pas été pris en charge». Précisant qu’il faut continuer sur cette dimension sociale mais ensuite il faut faire jouer les mécanismes de solidarité pour que les plus faibles soient protégés».
Il annonce ainsi que des discussions seront menées sur le mode opératoire de la mise en place des différentes mesures de subvention ciblée notamment avec la mise en place d’un fichier national où seront répertoriés les Algériens les plus fragiles afin de rétablir les équilibres. Il déclare à ce propos : «Cela peut paraître compliqué mais il faut faire de la pédagogie et expliquer aux Algériens ce que l’on veut faire comme système économique, quels seraient les sacrifices, et en retour, les résultats positifs que l’on peut attendre pour l’ensemble du pays».
Insistant sur la nécessité de revoir complètement les mentalités à ce sujet, il déclare qu’«il faut que les Algériens prennent conscience qu’il ne s’agit pas de réclamer des droits seulement mais qu’il y a un travail à faire et qu’ils doivent leur responsabilité par rapport au dévissement du pays».
Toutefois il tient à ajouter que «l’Etat devrait aussi libéraliser et alléger l’acte d’investissement», enchaînant qu’il faudrait aller vers «la transparence, la numérisation générale et avec des critères qui permettront aux jeunes et moins jeunes d’investir librement». Il conclut à propos de ce volet que «sur le plan économique, il est temps de regarder l’avenir avec un esprit constructif et conquérant par rapport au marché national et international». n