Face à la situation inquiétante liée à la propagation de la pandémie du Covid-19, de plus en plus de voix appellent à la vigilance, au respect strict du confinement et des mesures de barrières, seuls à même de juguler le danger. Dans un communiqué de la commission santé du «Conseil scientifique» de Jil Jadid, il est estimé que «l’Algérie a pris les premières mesures de protection, en particulier par la fermeture des frontières et l’interdiction des rassemblements quels qu’en soient les motifs. Cependant, ces mesures restent insuffisantes. La prise de conscience reste faible et beaucoup de citoyens continuent à s’agglutiner dans des lieux publics. C’est maintenant, tant qu’il est encore temps, que des mesures draconiennes doivent être assurées. Le confinement est le remède le plus efficace pour briser la chaîne de contamination». Jil Jadid considère que «le gouvernement doit donc prendre des mesures pour obliger les citoyens à rester chez eux durant une période à définir, à l’exception de ceux dont la présence en dehors de leur domicile est nécessaire pour le fonctionnement du pays et de sa sécurité». Le parti de Soufiane Djilali rappelle à l’évidence que «la mise en application de règles strictes quant aux mouvements des citoyens, leur respect obligatoire des instructions des autorités sanitaires et la mise à disposition du matériel de protection pour le personnel de santé» relèvent de la responsabilité du gouvernement. De son côté, le collectif Nabni incite au principe de précaution. «Nous vivons une crise sanitaire sans précédent, qui impacte d’ores et déjà notre vie quotidienne et va changer le monde que nous connaissons. Dans cette situation inédite, nous ne maîtrisons pas tous les paramètres de cette crise ; c’est pourquoi, le principe de précaution maximale doit s’imposer à toutes et tous», recommande le think-tank dans un communiqué publié jeudi dernier. Le collectif y affirme que «le principe de précaution s’impose pour protéger le Hirak et l’action citoyenne et pacifique à l’œuvre dans notre pays», et appelle «toutes les Algériennes et Algériens à appliquer sans délai toutes les consignes de prévention et de protection diffusées par les pouvoirs publics pour éviter la propagation du virus, cet ennemi invisible».
«Suspension de toutes les marches du Hirak»
Le collectif appelle à «l’arrêt des rassemblements et suspension temporaire de toutes les marches du Hirak, respect de la distance de sécurité entre deux personnes, lavage de mains à fréquence régulière, suppression des activités sociales et familiales habituelles et limitation des transports collectifs au strict minimum». Pour ce faire, Nabni préconise huit mesures urgentes. La mise en action immédiate du centre national de crise sous l’autorité du Président et du Premier ministre, avec mobilisation interministérielle (notamment Santé et Défense) et relais dans chaque wilaya. Il doit diffuser un point quotidien d’information sur le nombre de nouveaux cas infectés par le Coronavirus en Algérie au cours des dernières 24 heures. L’installation immédiate d’un comité scientifique composé de scientifiques et de médecins spécialistes en maladies infectieuses, en santé publique, épidémiologie et de soignants reconnus. La mise en place immédiate de cellules de crise régionales pilotées par les autorités sanitaires et territoriales et directement reliées au centre national de crise. La transmission de mesures d’organisation de crise dans les établissements de santé pour les préparer au tri et à la prise en charge de malades. Le lancement de campagnes de prévention et d’information au grand public pour promouvoir les gestes qui protègent et qui sauvent, en s’appuyant sur les relais d’opinion nationaux et de proximité. La mise en place de mesures conservatoires pour soutenir les entreprises, les employeurs, et les salariés qui devraient réduire leur activité. La mise en place de toutes les mesures permettant la continuité des activités stratégiques pour le pays et pour la sécurité et la protection des citoyens. Et enfin la limitation du nombre de détenus en libérant immédiatement tous les détenus d’opinion en reportant les mises à exécution de peines, et en suspendant toutes les détentions provisoires.