Contrairement aux valides aux Jeux Olympiques 2020, les athlètes du handisport algérien font bonne impression à Tokyo pour les Jeux Paralympiques. En deux jours de compétition, 5 podiums ont été décrochés faisant même entonner l’hymne national grâce à la judokate Abdellaoui Cherine, titrée chez les -52 kg.

Par Mohamed Touileb
Ça y est ! Kassaman a fini par résonner dans le ciel japonais et le drapeau algérien a pu être hissé dans une cérémonie de remise de médailles. Un privilège qu’on n’a pas pu connaître lors des Olympiades qui se sont tenues du 23 juillet au 08 août derniers. Comme le veut la coutume dans les Jeux Paralympiques, c’est le judo qui a offert la première médaille à l’Algérie. Et pas n’importe laquelle puisqu’il s’agissait du métal suprême.
Un parcours remarquable sur les tatamis nippon et 3 succès par ippon, Abdellaoui Cherine a été injouable dans un concours réservé pour les déficients visuels. La clairvoyance sportive était présente pour la médaillée de bronze à Rio en 2016 qui a montré qu’il faudra compter sur elle pour les années à venir. Surtout qu’elle n’a que 22 ans avec toute une carrière qui est devant elle.
Gasmi et Saïfi brillent mais pas autant qu’à Rio
Après Abdellaoui, c’était autour de Bettir Hocine, bien que gêné par une blessure à l’épaule, qui a glané le bronze en para-powerlifting chez les -65 kg avec une barre de 192 kg. On notera aussi la bonne performance de son compatriote Samira Guerioua (37 ans) qui a bouclé le concours de la catégorie des -45kg en 4e position. L’athlète a soulevé une charge à 90kg pour signer un nouveau record national.
Pour revenir aux récompenses, on soulignera que le para-powerlifteur a été imité par Mounia Gasmi qui a accroché la 3e matche du podium du concours de lancer de Club (Massue/F32) avec un jet à 23.29m signé au 5e essai. Longtemps deuxième de la compétition, la Dz a vu la Polonaise Kozakowska passer première au classement en lançant à 28.74m pour signer une nouvelle marque mondiale.
La lanceuse peut tout de même avoir des remords tant elle restait sur une médaille d’argent aux JP2016 au Brésil. Mais elle a réussi à se distinguer et offrir une médaille à l’Algérie, ce qui est déjà un accomplissement. Par ailleurs, deux autres médailles sont venues s’ajouter à la récolte avec Nassima Saïfi, tenante du titre, qui a terminé vice-championne paralympique au lancer du disque F57 (30.81m) dans un challenge dominé par la Kazakhe Khamdamova (31.46m).

La frustration du champion Samir Nouioua
Toujours au lancer de disque (F32), Ferhah Walid a réussi à arracher le bronze en voyant son lancé atterrir à 35.34m derrière ceux du Grec Konstantinidis (38.68m) et le Chinois Liu (45.39m/record du monde). En revanche, on notera que Lahouaria Bahlaz a terminé 5e du concours et Mehideb Ahmed 8e.
Au milieu de ces bons résultats pour la journée de samedi, il y a eu une petite amertume pour Samir Nouioua, qui a enchaîné 4 paralympiades sur le podium (3or, 3 argent et 2 bronze). En finale du 1500m T45/T46, dont il été tenant du titre, Nouioua a échoué au pied du podium cette fois. A 36 ans, il est difficile de rivaliser avec les jeunes. Même si, il faut le noter, le demi-fondiste a signé sa meilleure performance de la saison avec un chrono de 3 :55.56.