En plus de la pression liée à la compétition, les participants des Jeux Olympiques doivent gérer le stress généré par le Covid-19. Avant le départ, la peur d’être contaminé a mis beaucoup de pression aux athlètes. Un contexte loin d’être idéal pour préparer ce genre d’événement. Et si la bulle imposée par la Chine peut leur permettre de souffler un peu, le risque reste présent.
C’est une épreuve de plus dont ils se seraient bien passés. Alors qu’ils doivent déjà réussir à gérer la pression des Jeux Olympiques – cette grande fête du sport qui a lieu tous les quatre ans et amène un coup de projecteur plus globale à leur pratique -, les champions se retrouvent confrontés depuis des semaines à une donnée exceptionnelle : le stress engendré par la pandémie du Covid-19. « Jouer une médaille sur une blessure et jouer une médaille sur un cas positif au Covid, ce n’est pas pareil », constate Stéphane De Jesus, médecin des équipes de France de biathlon. « Il y a des athlètes à qui cela pèse particulièrement ».
La peur d’être contaminé pour se retrouver privé de cette grande messe et voir leurs rêves de médailles olympiques s’envoler a même pu tourner à la paranoïa pour certains. Pour tous, c’est en tout cas un contexte lourd qui n’a pas aidé à leur préparation. « J’ai beaucoup de stress dû au Covid, c’est très pénible, a reconnu Johan Clarey, le leader de l’équipe de France de ski alpin en vitesse lors de son passage à Kitzbühel. Ça stresse tout le monde. On fait tout ce qu’on peut, on ne peut pas faire plus. Être au départ des Jeux, ce sera déjà un exploit ! ».

CLAREY : « ÇA PREND BEAUCOUP D’ÉNERGIE »
Cette situation n’est évidemment pas idéale pour se relâcher. Et arriver au mieux sur les épreuves tant attendues depuis des années. « On est à la merci d’un test positif à n’importe quel moment. Et ça peut rajouter un stress, c’est quelque chose de parasite », nous a confirmé le slalomeur Clément Noël à Kitzbühel. « Ça prend beaucoup d’énergie, c’est compliqué car on peut être privé des Jeux injustement à cause de tout ça », a encore détaillé Johan Clarey. « Ça rajoute beaucoup de stress », a de son côté confirmé Perrine Laffont, championne olympique en ski acrobatique qui rêvait pourtant d’arriver relâchée à Pékin pour profiter de ces Jeux.
Au sein des délégations, une question s’est ainsi imposée alors que la pandémie fait rage en ce moment avec la vague Omicron et plus de 400 000 cas par jour par exemple en France : comment y échapper ? Ces dernières semaines, les représentants de tous les pays ont dû s’imposer des contraintes particulières. Au quotidien déjà. « Ça a changé leur qualité de vie, nous a confié Stéphane De Jesus. Il y a eu ces derniers jours, une vraie tension de gérer sa famille, son entourage. De décider de ne voir personne ou de vivre avec un masque FFP2. C’est une pression supplémentaire que l’on ressent bien ».

DES INSTRUCTIONS INCESSANTES
Surtout qu’en plus de cette épée de Damoclès au-dessus de leur tête, les athlètes ont aussi dû se plier aux exigences administratives. « On essaie que ça nous en génère le moins possible, mais c’est un stress permanent parce que tous les jours on reçoit des mails, tous les jours on nous dit de ne pas oublier de faire ceci, de faire cela », a témoigné la descendeuse Romane Miradoli, vendredi à Garmisch-Partenkirchen. Avant de s’envoler pour la Chine, tous les participants et suiveurs ont par exemple dû ou devront présenter deux tests PCR négatifs à moins de 96h et 72h de leur départ pour la Chine. Sachant que les personnes contaminées il y a moins de 30 jours doivent elles présenter deux tests négatifs supplémentaires espacés d’au moins 24h…
N’ayant pas le choix, les athlètes, déjà confrontés à de multiples obligations lors de leurs déplacements pour les Coupes du monde, ont pris leur mal en patience. Acceptant ce contexte. Bien conscients que c’était le prix à payer pour toucher leur rêve du doigt ! « Malgré ces contraintes, ils ont décidé de l’accepter car derrière, il y a une échéance très importante, remarque Stéphane De Jesus. Il y a une tension inhabituelle depuis quelques mois mais j’ai l’impression qu’ils sont résignés et qu’ils font avec s’ils veulent faire leur job ». « On commence à s’habituer, à faire super attention, à rester entre nous et d’essayer de rentrer le moins souvent chez nous pour voir le moins de gens possible. C’est lourd à gérer mais on commence à en avoir l’habitude », nous a d’ailleurs confié Clément Noël à Kitzbühel.

LA BULLE, UN MAL POUR UN BIEN ?
Après cet isolement oppressant, les acteurs des sports blancs n’en ont pas encore fini. Ils se plongent en ce moment dans la bulle sanitaire imposée par la Chine. Un nouvel isolement plus contraignant qu’à Tokyo l’an passé pour des JO d’été qui va séparer hermétiquement les participants du reste de la population durant cette quinzaine. Mais qui peut avoir le mérite de permettre de se relâcher un peu après être arrivé à Pékin ? « Le voyage met tout le monde en tension. Mais ce qui est rassurant, c’est que dans la bulle on sera tous protégés impeccablement », espère ainsi Michel Vion le secrétaire général de la FIS. Cependant, il ne faut pas croire que tout cela est derrière eux : le risque d’être privé d’épreuves en raison du Covid ne sera jamais très loin. « Il y a des chances que ces mesures soient efficaces. Même si elles risquent de perturber les Jeux. Une équipe entière peut être placée en quarantaine si un des membres est positif », rappelle ainsi pour l’AFP Yanzhong Huang, spécialiste des questions de santé au cabinet américain Council on Foreign Relations. En clair, la peur du Covid ne sera jamais très loin jusqu’à la fin pour des sportifs qui devront faire des tests quotidiens et renseigner leur température tous les jours sur une application. Et c’est tout sauf idéal avant de telles échéances. n