La quatrième place. Comme lors des Jeux africains de 2015 à Brazzaville (République du Congo). Plus de médailles (125 contre 117), mais moins de titres (33 contre 40). A l’occasion des JA-2019 abrités par le Maroc, l’Algérie a, encore une fois, terminé derrière l’Egypte, le Nigéria et l’Afrique du Sud dans cet ordre. La stagnation est confirmée avec une notable régression en termes qualitatifs. Notamment dans certaines disciplines jadis pourvoyeuses de médailles.

Au total, l’Algérie a pris part à la 12e édition des joutes continentales avec 255 athlètes engagés dans 23 disciplines sur les 29 recensées. Les prévisions étaient là. Et elles ont été respectées sachant que les différentes fédérations ont tablé sur 137 podiums avec 29 or, 26 argent et 82 bronze. C’était déjà moins que la séquence congolaise où nos représentants avaient pu amasser 40 breloques or, 40 argent et 34 en bronze.
Les instances ont donc été dans les clous dans une certaine mesure. Même s’il manquait 12 médailles pour atteindre le total prévu. Néanmoins, en termes de titres africains, les attentes ont été dépassées de 4 couronnements. C’est déjà bien. C’est le cas aussi pour l’argent avec 6 «deuxième place» de plus pour nos athlètes. En revanche, pour le bronze, il y avait une carence de 22 médailles. Ce qui n’est pas rien. Ça reste, par conséquent, mitigé entre les agréables surprises, comme le triathlon qui a été efficace pour une première expérience (1 argent et 1 bronze), et les déceptions.

Natation, aviron et athlétisme : mention spéciale
Il y a 4 ans, à Brazzaville, l’aviron ne faisait pas partie des épreuves. Cette fois à Rabat, il y avait des plans d’eau qui ont permis le déroulement des courses de cette spécialité. L’Algérie ne s’est pas ratée et a pu glaner 5 médailles en vermeil dont deux signées la très expérimentée Amina Rouba sur 1000 et 500m skiff. On y ajoutera 1 médaille d’argent gagnée par Sid Ali Boudina sur 500m skiff. Celui qui a pris part aux JO 2016 de Rio a aussi été sacré sur 1000m, il faut le souligner. A ce total, il faudra additionner 3 breloques en bronze. Au classement final d’aviron, l’Algérie a terminé à la première place devant la Tunisie et l’Egypte.
A l’aise dans l’eau, nos Dz ont aussi été étincelants en natation en réalisant une campagne surprenante. La direction technique de la Fédération algérienne de natation (FAN) avait tablé sur «10 médailles dont 1 ou 2 en or et pourquoi pas plus» et les 14 nageurs alignés sur les différentes courses se sont adjugé 21 médailles (5 or, 7 argent et 9 bronze). Une évolution considérable par rapport à la dernière participation et les 9 podiums décrochés à l’époque.
Sur piste, nos ambassadeurs se sont tout autant bien débrouillés. En athlétisme, on a eu droit à 5 couronnements avec, et c’est un fait notable, celui du revenant Larbi Bouraâda dans le décathlon. Le décathlonien, sixième lors des Olympiades brésiliennes il y a 4 ans, misait sur ce rendez-vous pour retrouver ses sensations afin de bien préparer les prochains JO à Tokyo (2020). Et il semble sur la bonne voie pour se battre l’été prochain au Japon.

Le handball, de mal en pis !
Là, on ne pourra pas comparer par rapport à l’opus 2015 parce que les sélections masculine et féminine étaient absentes. On sait en revanche que le Ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) ainsi que le Comité Olympique algérien (COA) ne voulaient pas vraiment que nos deux «sept nationaux» prennent part au tournoi marocain. La campagne ratée des dames et des messieurs a confirmé les réserves.
Une élimination dès les quarts pour les première face aux Guinéens (29 à 27) tandis que nos hommes ont été surclassés en demi-finale par l’Egypte sur un score net et sans appel de 40 à 23. On notera que les coéquipiers du gardien Benmenni, blessé au genou, ont voyagé avec deux portiers seulement au lieu de prendre 3 comme le font les sélections qui se respectent. La défection de Benmenni a contraint les «Verts» à transformer un joueur de champ en keeper pour palier une éventuelle mauvaise surprise. Un bricolage qui reflète les maux d’une petite balle nationale complètement à la dérive. On en a déjà parlé et on risque d’y rebondir dans un proche avenir puisque rien ne prête à l’optimisme.
Somme toute, le rendez-vous marocain n’a pas été désastreux pour l’Algérie. La production reste, néanmoins, insuffisante sachant les gros budgets alloués à un sport d’élite qui n’est pas régi par une politique concrète malgré le fort potentiel humain dont jouit le pays. Qui n’avance pas recule. On ne cessera de le dire. Prochaine étape au Ghana dans 4 ans.