La décision unilatérale du président des Etats-Unis de reconnaître Jérusalem (Al Qods) comme capitale de l’Etat d’Israël a caractérisé d’une marque sombre les célébrations de la naissance du Christ, hier, à Bethléem et dans les autres villes des territoires palestiniens.

L’annonce de M. Trump « a créé des tensions autour de Jérusalem et détourné l’attention de Noël », a regretté au cours des derniers jours l’archevêque Pierbattista Pizzaballa, un haut dignitaire catholique romain du Proche-Orient. Hier matin, sur la plage de la Mangeoire à Bethléem, seuls quelques dizaines de visiteurs palestiniens et étrangers bravaient le froid relatif et la grisaille. Depuis la montée des tensions liée à la décision américaine, «c’est triste», «les gens sortent peu», a dit à l’AFP Nahil Banoura, Palestinien de confession chrétienne originaire de Beit Chahour. Depuis le 6 décembre, selon Mgr Pizzaballa, des dizaines de groupes ont annulé leur voyage, et les visiteurs étrangers, habituellement nombreux à Noël lorsque la situation sécuritaire le permet, se sont faits rares à Bethléem. La police israélienne a de son côté indiqué que des unités supplémentaires seraient déployées à Jérusalem et aux points de passage pour accéder à Bethléem. Le ministère israélien du Tourisme a par ailleurs prévu des navettes entre ces deux villes pour transporter les fidèles souhaitant assister à la messe. Pour les Palestiniens, chrétiens comme musulmans, la reconnaissance de Jérusalem (Al Qods) comme capitale d’Israël par Washington ne préjuge pas seulement du résultat de négociations, dont le statut de la ville devrait faire l’objet. Elle nie l’identité arabe de Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, et mine leur aspiration à établir un jour la capitale de leur futur Etat dans la partie orientale de la ville. A Gaza, un Palestinien est décédé hier, neuf jours après avoir été blessé par des tirs israéliens lors d’une manifestation contre la reconnaissance américaine de Jérusalem (Al Qods) comme capitale d’Israël, a indiqué le ministère de la Santé. Mohammed Al-Dahdouh, âgé de 19 ans et originaire de la ville de Gaza, avait été blessé le 15 décembre lors d’une manifestation à la frontière avec Israël, a déclaré Achraf al-Qodra, porte-parole du ministère de la Santé à Gaza. Sa mort porte à 12 le nombre de Palestiniens tués depuis le 6 décembre, date à laquelle le président américain Donald Trump a reconnu la ville sainte comme capitale d’Israël. Dix manifestants sont morts lors d’affrontements avec les forces israéliennes, dont deux vendredi vendredi. Deux autres ont été tués dans une frappe aérienne israélienne plus tôt en décembre. Le jour où Mohammed Al- Dahdouh a été blessé, quatre autres Palestiniens ont été tués lors des manifestations, dont Ibrahim Abou Thouraya, qui avait perdu ses jambes lors d’une attaque israélienne sur la bande de Gaza en 2008. Il est mort d’une balle dans la tête tirée par un sniper, selon le ministère de la Santé dans l’enclave. Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, s’est dit cette semaine « véritablement choqué » par la mort de ce Palestinien en fauteuil roulant et a réclamé une enquête « impartiale et indépendante ».