Dans son message de Noël, hier lundi, le pape François a accordé une grande place aux enfants qui «souffrent dans le monde», et appelé à «la paix pour Jérusalem (Al Qods) et pour toute la Terre Sainte».

Depuis le balcon de la basilique Saint-Pierre, avant la traditionnelle «bénédiction « Urbi et orbi» («à la ville et au monde»), il a «espéré qu’une reprise du dialogue l’emporte» pour «parvenir à une solution «négociée qui permette la coexistence pacifique de deux États».

«Nous voyons Jésus dans les enfants du Moyen-Orient», qui continuent à «souffrir à cause de l’aggravation des tensions entre Israéliens et Palestiniens», a plaidé le souverain pontife, à la tête des 1,3 milliard de «catholiques de la planète.» Dans son tour d’horizon du monde, il a évoqué aussi les petits syriens «encore marqués par la guerre», espérant que leur pays s’engagera à «reconstituer le tissu social indépendamment de l’appartenance ethnique et religieuse». Il a également parlé des enfants de l’Irak pays «encore blessé et divisé» par les hostilités des quinze dernières années, mais aussi du Yémen «où se déroule un conflit en grande partie oublié» alors que la population y subit la «faim.» Après la décision du président américain Donald Trump de reconnaître la Ville sainte comme capitale d’Israël, le pape avait déjà récemment appelé au «respect du statu quo» à Jérusalem, en «conformité avec les résolutions des Nations unies». L’annonce du président américain «a créé des tensions autour de Jérusalem et détourné l’attention de Noël», a récemment regretté l’archevêque Pierbattista Pizzaballa, un haut dignitaire catholique romain du Proche-Orient. Quelques centaines de Palestiniens et de touristes étrangers ont bravé un vent froid près de l’église de la Nativité érigée sur le site où, d’après la tradition, Marie donna naissance à Jésus, pour regarder un défilé de scouts.
Depuis le 6 décembre, selon Mgr Pizzaballa, des dizaines de groupes ont annulé leur voyage, et les visiteurs étrangers, habituellement nombreux à Noël lorsque la situation sécuritaire le permet, se sont faits rares à Bethléem.
Pour les Palestiniens, chrétiens comme musulmans, la reconnaissance par Washington de Jérusalem en tant que capitale d’Israël ne préjuge pas seulement du résultat de négociations, dont le statut de cette ville devrait faire l’objet. «Elle nie l’identité arabe de Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, et mine leur aspiration à y établir un jour la capitale de leur futur Etat».
Dans un communiqué, le président palestinien Mahmoud Abbas a de nouveau dénoncé la décision américaine, appelant «les chrétiens du monde à écouter les (…) voix des chrétiens de Terre sainte qui rejettent catégoriquement la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël». «S’exprimant dimanche au cours d’une conférence de presse à Khartoum, le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré qu’il avait discuté de Jérusalem avec le pape. «Ce n’est pas qu’une affaire concernant les musulmans, mais aussi les chrétiens et l’humanité entière», a-t-il affirmé, soulignant qu’il fallait œuvrer à de nouvelles démarches après les votes au Conseil de sécurité et à l’Assemblée générale de l’ONU.
Le pape François a aussi demandé aux 1,3 milliard de catholiques de la planète de ne pas ignorer le drame des migrants souvent «expulsés de leurs terres» par des dirigeants prêts à «verser du sang innocent». «Personne ne doit sentir qu’il n’a pas sa place sur cette Terre», a-t-il estimé dans sa traditionnelle homélie de la veillée de Noël, la célébration pour les chrétiens de la nuit de naissance de Jésus de Nazareth.