Le Haut Responsable français à la coopération industrielle et technologique franco-algérienne, Jean-Louis Levet, a, dans une longue interview au quotidien La Tribune, parlé en termes élogieux de l’évolution de la coopération entre les deux pays. Il a ainsi estimé que l’axe Paris-Alger doit jouer un rôle « aussi structurant » que celui de Paris-Berlin , soulignant que le duo Paris-Alger est au cœur de l’interface Europe-Afrique. Et de détailler que d’une façon plus globale, sur le plan stratégique, nous pouvons dire que le duo Paris-Alger est au cœur de l’interface Europe-Afrique. Il poursuit : l’Algérie est au cœur de l’Afrique du Nord, avec des pays très importants comme le Maroc et la Tunisie. Pour un pays comme la France, Paris-Alger doit jouer un rôle aussi structurant que Paris-Berlin. Cet économiste a expliqué que depuis sa nomination en 2013, sa mission consiste à dire : « Nous devons accélérer la transition, entre la France et l’Algérie, d’un mode de relations fondé sur le commerce à un mode de relations fondé sur les partenariats déterminant le développement économique et social, dans le cadre de la Déclaration de Coopération et d’Amitié signée en décembre 2012 à Alger par les deux présidents, Abdelaziz Bouteflika et François Hollande. Poussant sa réflexion, il estime que « sur l’échiquier mondial des Etats-nations, il n’y a pas, aujourd’hui, d’équivalent, sur un plan économique et stratégique, au duo France-Algérie, notamment en ce qui concerne la proximité géographique, linguistique, culturelle, et plusieurs millions de personnes qui ont de la famille de chaque côté de la Méditerranée ». Jean-Louis Levet a soutenu qu’avec l’Algérie, c’est le chantier de la Méditerranée occidentale qu’il s’agit de « faire progresser en termes de prospérité et de sécurité». Sur le plan de la coopération avec l’Algérie, il a affirmé que nous avons besoin de travailler sur le long terme, parce que la concurrence mondiale aujourd’hui nous pousse à être présent sur les fondamentaux du développement d’un pays. C’est cela, ajoute-t-il, qui nous permet, à nous Français, de nous différencier par rapport à nos concurrents, notamment Asiatiques, mais aussi Américains, très intéressés par le marché algérien du numérique et de l’agriculture. Il a également relevé que les concurrents chinois ont une vraie stratégie de pénétration du continent africain depuis plusieurs décennies. Levet a aussi précisé que, dans le cadre des priorités de la coopération avec l’Algérie, l’objectif de sa mission est de créer des cas d’exemplarité pour les coopérations… tout simplement pour démontrer qu’il est possible de travailler avec l’Algérie, et que c’est gagnant-gagnant pour les deux parties, indiquant qu’aujourd’hui une trentaine d’accords ont été initiés que nous accompagnons. Cela va certainement doper davantage le bilatéral dans son volet économique. Les relations entre les deux pays ont connu ces dernières années plus de hauts que de bas, avec la mise en place de projets ambitieux notamment dans l’industrie automobile et dans la production pharmaceutique. Il y a là la preuve que les deux pays veulent aller au-delà des questions commerciales pour bâtir quelque chose de solide en matière de partenariat. Il est cependant évident que des relations denses et complexes dans lesquelles interviennent des éléments historiques sont par nature des relations difficiles, parfois sujettes  à des crises épisodiques.