Une demande a été introduite au niveau de l’Organisation internationale des jardins botaniques pour la classification scientifique mondiale du Jardin d’essai El Hamma.

À l’occasion  d’une conférence internationale sur ce jardin et sa préservation, hier à l’hôtel Sofitel, sous le patronage du wali d’Alger, le directeur de ce jardin, Abdelkrim Boulahia, a indiqué qu’un recensement de toutes les espèces végétales qu’abrite cet espace est en cours dans le cadre de cette classification. Plus de 10% des plantes de jardin, d’après lui, ne sont pas encore identifiées. Plus de 450 espèces sont recensées à ce jour, appartenant à 120 familles végétales.
«Ce recensement doit être effectué par les experts de la BGCI. C’est à cette condition que le jardin pourra intégrer le réseau international. Il faut savoir que 10% des plantes du Jardin d’essai ne sont pas identifiées. Depuis près de 200 ans que ce jardin existe, il y a eu l’apparition de nouvelles plantes qui restent à identifier», explique-t-il. Il révélera, par ailleurs, qu’avec la collaboration d’experts internationaux, une liste des espèces rares ou en voie de disparition dans le monde, poussant au Jardin d’essai, sera établie. Il s’agit d’espèces qui figurent sur  la liste rouge des Nations unies, qui ont disparu dans leurs pays d’origine. «Le dragonnier, par exemple, compte parmi ces espèces qui ont disparu dans leurs pays d’origine et qui sont cultivées au Jardin d’essai. Les experts nous ont assuré que l’allée de 500 mètres linéaires de dragonniers au Jardin d’essai n’existe pas ailleurs», fait-il savoir. Toujours selon le même intervenant, il existe des arbres au Jardin d’essai, comme le confrier, qui sont uniques dans la région méditerranéenne.
«Nos experts ont pu préserver les espèces rares  du Jardin d’essai mais ils ont besoin de spécialistes internationaux pour développer leurs capacités et leurs connaissances. En 2017, 1,9 million de personnes ont visité le Jardin d’essai, engendrant 17 milliards de centimes de recettes. En 2018, on espère générer 23 milliards de centimes. Le 29 mars, le jardin a attiré plus de 22 000 visiteurs», souligne-t-il. La ministre de l’Environnement et des Energies renouvelables, Fatma Zohra Zerouati, a jugé important de mettre en place une banque de données de toutes les espèces végétales rares afin d’en faire profiter les autres jardins botaniques du territoire national. «L’investissement dans la biodiversité est l’outil qui permet de faire face aux changements climatiques et garantir la sécurité alimentaire et le développement durable. Nous veillons, lors de chacune des visites au niveau des wilayas, à ce que les jardins botaniques régionaux concluent des conventions avec celui d’El Hamma», assure-t-elle. Le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, a insisté, quant à lui, lors de cette conférence, en présence de plusieurs membres du gouvernement, sur la dimension culturelle de ce jardin. «Il a attiré des cinéastes mondiaux. Ses sculptures et ses statues ont inspiré des artistes… Ce jardin, âgé de près de 200 ans, est l’un des sites touristiques les plus importants dans le monde», dit-il, appelant à sa classification comme patrimoine universel par l’Unesco.