Le gouverneur de l’archipel japonais d’Okinawa a annoncé hier mardi la tenue d’un référendum en février 2019 sur la construction d’une nouvelle base militaire américaine, un projet controversé qu’il combat farouchement.

Le vote prévu le 24 février n’a qu’une valeur symbolique mais il vise à attirer l’attention sur cette décision conjointe de Tokyo et Washington, qui remonte à 1996 et consiste à transférer la base aérienne de Futenma vers une région moins peuplée de l’archipel. De nombreux habitants réclament son départ pur et simple du territoire, sur fond de protestations contre une présence militaire américaine mal vécue. Le gouverneur Denny Tamaki, élu fin septembre sur la promesse de combattre ce projet, espère faire entendre leur voix à travers ce référendum. « C’est un vote significatif, il offre l’occasion aux habitants d’exprimer leurs souhaits et je vais encourager le plus grand nombre à participer à l’exercice », a déclaré M. Tamaki à la presse. Un vote contre le transfert proposé accentuerait la pression sur le gouvernement central, qui s’est jusqu’ici montré inflexible. Déterminé à parvenir à ses fins, le gouverneur, fils d’un Marine américain et de mère japonaise, s’était rendu aux Etats-Unis mi-novembre. « Je ne sais pas à quel point le président Donald Trump connaît Okinawa, mais il est évident qu’il y a beaucoup de bases américaines sur l’île et que cette concentration est injuste », avait-il confié à l’AFP lors de sa visite à Washington. « C’est pourquoi nous demandons que certaines bases soient transférées d’Okinawa à d’autres pays, y compris aux Etats-Unis et en Australie », avait-il dit. « Le peuple d’Okinawa a le droit d’appeler à la réduction de son fardeau ». Occupée par les Américains après la Deuxième Guerre mondiale et rétrocédée aux Japonais en 1972, l’île d’Okinawa, qui représente moins de 1% du territoire nippon mais qui est située à un emplacement stratégique, héberge environ la moitié des 47.000 soldats américains présents au Japon. Les habitants se plaignent de nuisances sonores, des risques d’accidents et y voient la porte ouverte à la criminalité, une crainte accentuée par des faits divers ces dernières années impliquant des soldats américains.