A un mois du scrutin local et une dizaine de jours du coup d’envoi de la campagne électorale, c’est le branle-bas de combat administratif pour les formations politiques qui courent pour la réhabilitation des candidatures rejetées, dont le verdict des tribunaux administratifs est attendu ce week-end.

Par NAZIM BRAHIMI
Le rendez-vous est important pour les partis et les indépendants engagés dans cette compétition électorale dans la mesure où l’avis de ces tribunaux ne peut pas faire l’objet de recours, selon l’article 183 de la loi électorale. Et si des formations politiques ont exprimé leur satisfaction de compter avec la réhabilitation de dossiers de leurs candidatures auparavant rejetés, comme c’est le cas pour le FFS, l’action de l’ANIE, qui a fait appel de ces décisions de justice, n’est pas de leur goût.
«L’attitude de l’ANIE ne peut être que source d’interrogations», selon Hakim Belahcel, de la direction du FFS, qui souligne qu’on attend toujours la réhabilitation de certains noms «disqualifiés» jusque-là, citant ceux des circonscriptions de Boumerdès, Bouira, Béjaïa, Oum El Bouaghi notamment.
Le même parti attend, selon M. Belahcel, l’issue des recours introduits auprès du Conseil d’Etat après avoir pris connaissance de la «réponse défavorable» des Cours de justice.
Des faits qui montrent que l’opération ne se déroule pas dans la sérénité et met manifestement l’ANIE sous de multiples attaques. Il est attendu de cette dernière une réaction de nature à rassurer les prétendants en colère, et pas uniquement dans les rangs de l’opposition, puisque même le RND a fait part de «nombreuses violations enregistrées au cours de la période d’étude des dossiers». L’autre parti qui est monté au créneau est le MSP qui a dénoncé des rejets systématiques des signatures «sous prétexte de leur non-inscription sur la liste électorale, alors qu’ils possèdent des cartes d’électeurs et qu’ils ont voté durant les scrutins passés».
Pour le parti islamiste, l’administration est coupable d’un «travail systématique d’élimination de ses listes par des moyens illégaux et dénués d’éthique et sur instigation politique, sécuritaire et politique abusive, ne reposant sur aucun fondement juridique». Cette attitude, selon Makri, «représente une fraude anticipée et une volonté de garder la main sur les résultats des élections», estimant qu’il s’agit d’une «nouvelle génération de fraude électorale».
Quelques jours plus tôt, le parti n’avait pas caché son intention d’un probable retrait. «Ce qui est en train de se passer est une véritable mascarade, une page noire sur le front de la démocratie en Algérie. Cela nous impose de nous concerter avec nos partenaires politiques. Notre position définitive vis-à-vis de ces élections reste ouverte à toutes les probabilités », a-t-il menacé. Le même responsable politique a même fustigé l’autorité de Mohamed Charfi, trouvant que «le travail de supervision des élections est pire que celui connu sous les instances administratives» des scrutins précédents.
Dans ce contexte, les milieux politiques engagés dans la course électorale ne comprennent pas le silence du président de l’ANIE, dont la dernière déclaration publique remonte à début septembre quand il a affirmé que «toutes les conditions de réussite des élections locales du 27 novembre sont réunies», en relevant que cette réussite était «étroitement liée au degré de l’éveil démocratique chez le citoyen». Il avait ajouté, par la même occasion, qu’«en tant qu’Autorité nationale indépendante des élections, nous œuvrons à garantir toutes les conditions pour faire des prochaines élections locales une réussite et obtenir un taux important de participation». Ajoutant que l’autorité «lutte aussi contre toute tentative de fraude ou de corruption dans l’opération électorale».
Un avis que les participants contestent bien avant le coup d’envoi de la campagne qui sera donné à 23 jours du Jour J. n