Le nouveau vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur italien Matteo Salvini était hier dimanche en Sicile pour soutenir des candidats de son parti à une série d’élections municipales partielles prévues le 10 juin.

Celui qui est considéré également comme le patron des souverainistes était dans l’île qui reçoit des migrants en permanence pour rappeler sa ligne anti-immigration. M. Salvini devait se rendre au centre d’identification (hotspot) de Pozzallo, un des ports siciliens de débarquement des candidats à l’asile en Italie et en Europe.
« Les Etats doivent recommencer à faire leur travail et plus aucun vice-passeur ne doit accoster dans les ports italiens », a-t-il aussi prévenu, dans une attaque claire contre les ONG de secours en mer, qu’il accuse régulièrement de complicité avec les réseaux de passeurs. Pour accélérer les expulsions — il y en a eu seulement 6.500 en 2017 –, M. Salvini devra multiplier les centres de rétention et les accords avec les pays d’origine, dont beaucoup ne sont pas pressés de voir revenir leurs citoyens. Pour trouver rapidement des fonds, il réclame « un bon coup de ciseaux dans les cinq milliards d’euros » consacrés chaque année à l’accueil des demandeurs d’asile.
En 2017, l’ancien gouvernement avait annoncé un budget de 4,2 milliards d’euros pour les migrants, dont 18% pour les secours en mer, 13% pour l’assistance sanitaire et 65% pour les centres d’accueil pour demandeurs d’asile, qui hébergent encore actuellement près de 170.000 personnes. Ce sont surtout ces centres que dénonce M. Salvini. Ils sont payés en moyenne 35 euros par jour et par personne pour fournir gîte, couvert, cours d’italien, soutien juridique et psychologique… Beaucoup s’y emploient et génèrent ainsi une floraison d’activités qui ont redonné vie à des communes rurales en déshérence. D’autres rognent sur tous les frais pour augmenter leurs bénéfices. Et au-delà des efforts en Italie, M. Salvini est attendu mardi à Luxembourg pour une réunion des ministres de l’Intérieur de l’Union européenne. Au menu la révision de l’accord de Dublin, qui oblige les migrants à déposer leur demande d’asile dans le premier pays européen où ils arrivent.
Cet accord pénalise fortement l’Italie, qui a vu arriver plus de 700.000 migrants depuis 2013. D’autant que si la majorité poursuit quand même leur périple vers le nord les premières années, l’UE a imposé une procédure d’identification à l’arrivée en Italie et les pays frontaliers ont mis en place des contrôles systématiques.