Les récentes mesures annoncées par le président de la République, visant la préservation du pouvoir d’achat des Algériens, ne cessent de susciter les réactions des citoyens et des organisations syndicales, qui plaident carrément pour une augmentation du SNMG, condition sine qua none pour rendre «effective» et pesante la réduction de l’IRG, dans un contexte de hausse des prix et de détérioration de la monnaie nationale.

PAR MILINA KOUACI
Afin d’améliorer la situation du pouvoir d’achat qui ne cesse de se dégrader, les pouvoirs publics doivent plutôt prendre d’autres mesures, en particulier, en augmentant le SNMG de 50% , réduire l’IRG et imposer l’obligation du droit d’extension, estiment plusieurs voix du monde du travail, des syndicalistes et des observateurs de l’évolution de la question des salaires dans le pays.
Dimanche, le président de la République a instruit le gouvernement de consentir une réduction de l’Impôt sur le revenu global (IRG) ainsi que l’augmentation du point indiciaire dans les salaires de la Fonction publique. Une mesure introduite dans le Projet de la loi de finances 2022 (PLF 2022), examinée à l’occasion du Conseil des ministres.
«Le gouvernement a annoncé une réduction de l’IRG et l’augmentation du point indiciaire sans dévoiler le détail sur ces mesures qui ne vont pas toucher de façon équitable les salariés algériens», indique le consultant en questions sociales, Nouredine Bouderba.
Le point indiciaire ne concerne que les travailleurs de la Fonction publique, puisque le privé n’est pas tenu par le point indiciaire, alors que le pouvoir d’achat touche tous les travailleurs.
«Il y a nécessité, par ricochet, d’augmenter le salaire à l’ensemble des travailleurs algériens», préconise M. Bouderba, qui appelle dans ce sens à l’intervention de l’Etat dans la détermination de la grille des salaires dans le secteur privé.
«Il faut imposer la convention collective aux entreprises privées et mettre en place un droit d’extension», soutient le consultant.
Dans l’objectif d’améliorer la situation sociale et le pouvoir d’achat, notre interlocuteur propose d’augmenter le SNMG d’au moins 50 % de sa valeur actuelle, en prenant en compte la dévalorisation du dinar et la détérioration du pouvoir d’achat. Le SNMG a connu l’année dernière une augmentation de 18 000 à 20 000 DA qu’il qualifie «d’insignifiante». Il doit être augmenté d’au moins 50% et évoluer constamment en fonction du pouvoir d’achat».
Egalement, pour une équité devant l’impôt et la récupération du pouvoir d’achat, Nouredine Bouderba juge «important» de diminuer l’IRG à condition que ce soit conséquent avec un impact réel sur le pouvoir d’achat.
«Pour tout revenu de deux fois le SNMG à 120 000 DA, l’IRG doit être réduit de 50%, et pour ceux touchant plus de 120 000 DA, il faut le réduire de 25%», soutient notre interlocuteur, qui n’omet pas de rappeler que les retraités et les salariés qui touchent moins de 30 000 DA par mois, ne sont pas concernés par cette réduction qu’ils ne payent pas, car exemptés depuis une année.
Dans le même contexte, il reproche au gouvernement d’évoquer la préservation du pouvoir d’achat. «Le pouvoir d’achat est tellement érodé qu’il est insensé de parler de préservation du pouvoir d’achat mais plutôt de sa consolidation et augmentation et de jouer en parallèle son rôle de régulateur de prix».
Le consultant en question sociale dénonce par ailleurs les appels pour la suppression des subventions de l’Etat. Selon lui, il est important de maintenir les subventions des catégories démunies et moyennes pour des produits de large consommation. Et parler de ciblage des subventions et des aides n’est qu’une «supercherie».
Il précise qu’aucun pays dans le monde n’a réussi le ciblage devant l’impossibilité d’identifier les revenus de chaque citoyen pour savoir qui sera destinataire d’une aide. n