Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif a mis en garde hier mardi les Etats-Unis en leur demandant de ne pas chercher de «prétexte» pour créer de «nouvelles tensions» à propos du programme de missiles balistiques de l’Iran.

«Nous espérons que la question du programme défensif de l’Iran (…) ne sera pas utilisé comme un prétexte» par la nouvelle administration américaine pour «provoquer de nouvelles tensions», a déclaré M. Zarif lors d’une conférence de presse. Le chef de la diplomatie iranienne réagissait à la réunion «en urgence» hier du Conseil de sécurité à la demande des Etats-Unis pour discuter d’un tir de missile à moyenne portée effectué par l’Iran. Pour la Russie, qui a également réagi, le tir d’un missile de moyenne portée par Téhéran ne constitue pas une violation de la résolution de l’ONU sur le nucléaire iranien. La diplomatie russe a dénoncé par l’intermédiaire du vice-ministre Sergueï Riabkov la réunion en urgence du Conseil de sécurité comme une tentative d’«envenimer la situation». «La résolution 2231 du Conseil de sécurité ne comporte pas d’interdiction pour l’Iran de mener de telles actions», a déclaré à l’agence Interfax M. Riabkov. «Cette résolution ne comporte qu’un appel à l’Iran à ne pas mener de tirs de missiles capables d’être armés d’une tête nucléaire», a-t-il ajouté. «Un appel n’est même pas, en terme de logique pure, semblable à une interdiction. Ce n’est pas la même chose», a-t-il poursuivi, rappelant que l’accord de juillet 2015 soumettait Téhéran à un «contrôle international sévère» de son programme nucléaire. L’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015 avec la Grande-Bretagne, la Chine, la France, l’Allemagne, la Russie et les Etats-Unis impose des restrictions au développement du programme nucléaire iranien en échange d’une levée des sanctions contre Téhéran.