Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a annulé sa visite en Iran prévue mercredi «en raison d’un calendrier chargé» et se rendra uniquement en Turquie, a indiqué dimanche à l’AFP son bureau de presse. La veille, un responsable politique irakien avait, sous le couvert de l’anonymat, annoncé cette double visite, mardi en Turquie et mercredi en Iran, en précisant que les discussions avec les deux voisins auraient «principalement un caractère économique». M. Abadi «ne se rendra pas en Iran car son calendrier est chargé», a précisé le bureau de presse du Premier ministre irakien, sans fournir d’autres détails. A Téhéran, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Bahram Ghassemi, interrogé par l’agence semi-officielle ISNA sur l’annonce la veille du déplacement en Iran de M. Abadi, a affirmé «n’avoir reçu jusqu’à présent aucune information ou notification officielle d’une telle visite». Selon des sources politiques irakiennes, proches du dossier, il y avait initialement un accord sur cette visite mais les Iraniens ont ensuite changé d’avis, mécontents des propos de M. Abadi. Ce dernier avait déclaré mardi qu’il était contraint à contrecoeur d’appliquer les sanctions américaines contre son grand voisin iranien, arguant que son pays avait lui-même souffert

de 12 ans d’embargo international. «Nous ne soutenons pas les sanctions parce qu’elles sont une erreur stratégique, mais nous sommes contraints de les respecter», avait-il dit. Pris en tenaille entre ses deux alliés américain et iranien, l’Irak est la première victime des sanctions de Washington contre l’Iran qui pourraient le priver de biens vitaux et même de milliers d’emplois. L’autre partenaire commercial de l’Irak, la Turquie a aussi maille à partir avec les Etats-Unis et sa monnaie a subi une chute brutale de sa valeur face au dollar.