L’élection du président de la République d’Irak par le Parlement prévue lundi a été reportée sine die, car le quorum des deux-tiers n’a pas été atteint dans l’hémicycle, ont indiqué un responsable parlementaire et un journaliste de l’AFP. Respectant le boycott annoncé par leurs directions respectives, les élus des plus importants partis irakiens ont observé la politique de la chaise vide et seuls 58 députés sur 329 étaient présents, a indiqué le service médias du Parlement. En conséquence, a confirmé à l’AFP un responsable sous le couvert de l’anonymat, «il n’y aura pas de vote pour élire le président». «Il n’y aura pas d’élection aujourd’hui», a ensuite confirmé le député Michaan al-Jibouri, l’un des seuls députés lundi dans la grande salle du Parlement. Aucune date n’a encore été fixée pour organiser un nouveau scrutin. Avant le début de la séance prévue à midi (9H00 GMT), un journaliste de l’AFP n’a vu qu’une vingtaine d’élus arriver, au lieu des dizaines qui font d’ordinaire leur entrée dans le bâtiment situé dans l’ultra-sécurisée Zone verte, au coeur de Bagdad. Au vu du défaut de quorum, les députés ont finalement délibéré sur des points de routine, concernant notamment la répartition des députés au sein des commissions parlementaires, et un député a prêté serment. Arithmétiquement parlant, il était peu probable qu’au moins deux-tiers des 329 élus, requis pour la tenue du vote, soient présents dans l’hémicycle. Le courant de l’influent religieux chiite Moqtada Sadr, la Coalition de la souveraineté du président du Parlement Mohamed al-Halboussi, ainsi que le Parti démocratique du Kurdistan (PDK), représentant à eux trois 155 députés, avaient tour à tour annoncé leur boycott de la séance afin de se donner plus de temps pour se mettre d’accord sur un candidat. Dans le camp politique adverse, le Cadre de coopération, rassemblant des partis chiites pro-Iran, avait lieu aussi fait part de son intention de ne pas participer au vote lundi. Quelque 25 candidats sont en lice pour la présidence de la République, mais deux politiciens chevronnés se distinguaient: Hoshyar Zebari, un ex-ministre issu du PDK, et le président sortant Barham Saleh, du parti rival de l’UPK, l’Union patriotique du Kurdistan. Or la candidature de M. Zebari a été «temporairement» suspendue dimanche par la justice, après une plainte présentée par des députés se basant sur des accusations de corruption. n