Le principal marché de gros de fruits et légumes de Bagdad a été la cible d’une attaque suicide hier qui a fait au moins 12 morts. L’attentat a été revendiqué par le groupe terroriste Daech, qui reste actif dans le pays malgré son affaiblissement par l’armée irakienne. Selon des sources médicales et de sécurité, cet attentat est le dernier en date d’une série d’attaques sanglantes commises par Daech depuis le début de l’offensive, à la mi-octobre, des forces irakiennes contre son fief de Mossoul, dans le nord. Le marché de Jamila, situé à Sadr City, est un vaste quartier habité essentiellement par des musulmans chiites que le groupe ultra-radical sunnite prend fréquemment pour cible. «Un soldat de garde à l’entrée du marché a ouvert le feu sur une voiture suspecte après avoir été alerté mais le kamikaze a fait exploser le véhicule», a expliqué à l’AFP le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Saâd Maan. Outre les 12 morts, l’attentat a fait 39 blessés, selon un bilan fourni à l’AFP par des sources hospitalières. Le soldat de faction a été blessé. L’attaque a été revendiquée dans un communiqué publié en ligne par Daech, qui a précisé que le kamikaze était un Irakien ayant pris pour cible des chiites, jugés hérétiques par le groupe. Salam Khalaf, porte-parole d’un hôpital à Sadr City, a dit avoir reçu le corps d’une personne sans tête tuée dans l’attaque du marché et qui pourrait être celui d’un second kamikaze. Alors qu’un employé de l’établissement hospitalier cherchait ses papiers d’identité, il a accidentellement fait détoner une petite charge explosive qui se trouvait sur l’homme, soufflant la porte de la morgue, a ajouté le porte-parole, précisant que l’employé s’en était sorti indemne. L’homme portait une ceinture explosive mais elle n’a pas explosé, a-t-il précisé.

Un colonel de la police a confirmé que le corps d’une personne prie sur les lieux de l’attaque avait explosé plus tard à la morgue. Dans la même journée, un autre kamikaze s’est fait exploser dans un marché dans le quartier Baladiyat à l’est de la capitale, faisant au moins un mort et sept blessés, ont indiqué des responsables.
Après une période de calme relatif, la capitale irakienne fait face à une recrudescence d’attentats de Daech depuis le lancement, le 17 octobre, de l’offensive pour reconquérir Mossoul, la deuxième ville du pays et plus grand bastion du groupe terroriste. Le dernier attentat d’envergure a été commis le 2 janvier, également à Sadr City, le jour où le président français François Hollande effectuait une visite à Bagdad. A Mossoul, les forces irakiennes se rapprochent du fleuve Tigre, qui traverse le centre de la ville, a indiqué samedi dernier le porte-parole de forces d’élite du contre-terrorisme (CTS). Mais il leur reste à conquérir l’ouest de la cité, de l’autre côté du fleuve, plus densément peuplé et qui reste totalement aux mains des djihadistes.