Le vote du confiance du Parlement en Irak a été de nouveau repoussé à dimanche, a annoncé le Parlement samedi, affirmant accéder à une demande du Premier ministre désigné Mohammed Allawi. D’abord réclamé lundi dernier par M. Allawi, le vote a ensuite été fixé à jeudi mais reporté à l’issue d’une séance parlementaire houleuse. Les députés devaient se retrouver samedi pour voter, ministre par ministre, la confiance au gouvernement de M. Allawi. Dans la nuit de samedi à dimanche toutefois, le chef du Parlement, Mohammed al-Halboussi, a annoncé dans un communiqué «approuver la demande du Premier ministre désigné de reporter la séance extraordinaire du Parlement (…) à dimanche». Dimanche est le dernier délai constitutionnel accordé à M. Allawi, déjà refusé catégoriquement par la rue qui estime qu’il appartient à la classe dirigeante inamovible qu’elle entend renverser. S’il échoue dimanche à faire accepter son gouvernement au Parlement, alors le président de la République Barham Saleh aura le droit, constitutionnellement, d’imposer aux partis politiques le candidat de son choix pour diriger le gouvernement, un cabinet censé être provisoire et mener le pays vers des élections anticipées. M. Allawi peine jusqu’ici à obtenir la participation des minorités sunnite et kurde dans son gouvernement. La pomme de discorde entre partis chiites d’un côté et sunnites et kurdes de l’autre est la question des 5.200 soldats américains déployés en Irak. Les premiers ont voté au Parlement leur expulsion tandis que les seconds réclament qu’ils restent notamment pour combattre les cellules clandestines du groupe jihadiste Etat islamique (EI) dans le pays. A ces pressions, s’ajoute celle du turbulent et versatile leader chiite Moqtada Sadr. Ce dernier avait prévenu que si le Parlement n’accordait pas sa confiance au gouvernement cette semaine, il enverrait ses partisans assiéger la Zone verte à Bagdad, où se trouve le siège de l’Assemblée ainsi que l’ambassade des Etats-Unis.