La convocation du corps électoral par le Président de la République met désormais en branle la machine électorale qui, dorénavant, sera imbriquée sur les rails jusqu’au 18 avril prochain, jour du scrutin.

A partir de cette annonce, il devient évident que la scène politique nationale va prendre un ton électoral certain dont la finalité sera ce grand rendez-vous. La convocation du corps électoral dans les délais prévus par le calendrier vient comme pour faire cesser toute supputation concernant la présidentielle. Désormais, il faudra se caler sur le rendez-vous d’avril qui aura bien lieu à la date prévue par le calendrier. Ainsi un éclaircissement de la scène politique ne tardera pas à se faire. Tant dans le camp de l’opposition que celui de l’Alliance présidentielle. La balle est désormais dans le camp des acteurs politiques dont les partis dans leurs différences. Selon la loi en vigueur, la campagne électorale devrait commencer officiellement vingt-cinq jours avant la date du scrutin et prendre fin trois jours avant le vote. En cas de second tour, la campagne électorale des différents candidats sera ouverte douze jours avant la date du scrutin pour s’achever deux jours avant la date du vote. Ceux qui briguent la magistrature suprême ont ainsi jusqu’au 5 mars prochain pour se décider. Quelques candidats ont déjà exprimé des intentions de candidature. D’autres les suivront inévitablement. Dans les délais impartis. Selon l’article 140 de la loi organique n° 16-10 du 25 août 2016 relative au régime électoral, « la déclaration de candidature est déposée, au plus tard, dans les quarante-cinq (45) jours qui suivent la publication du décret présidentiel portant convocation du corps électoral. Le Conseil constitutionnel statue sur la validité des candidatures dans un délai de dix jours, à compter de la date de dépôt de la déclaration de candidature ». Le scrutin présidentiel gardera néanmoins un certain nombre d’imprévus jusqu’aux ultimes instants. La question de la candidature ou non du président de la République restera probablement comme une importante inconnue pour ce scrutin présidentiel. Ira-t-on vers un remake de 2014 ? Même avec des différences manifestes avec le précédent scrutin présidentiel, un certain nombre de similitudes tendent à le croire : le paysage politique actuel, la disposition des principaux partis du pouvoir FLN-RND, et la convergence sur la candidature du président en exercice. En 2014, le président Bouteflika avait annoncé sa candidature le 22 février, près de deux mois avant le scrutin, par l’entremise de Abdelmalek Sellal, Chef de gouvernement à l’époque. Il y a lieu justement de se demander comment sera composé l’équipe de campagne du Président sortant s’il venait à annoncer sa candidature pour un cinquième mandat. Le premier, selon la Constitution actuelle. L’on se rappelle lorsqu’Abdelmalek Sellal avait officialisé sa démission, le 13 mars 2014, troquant son poste de Premier ministre pour celui de directeur de campagne du président-candidat Abdelaziz Bouteflika. Youcef Yousfi l’avait alors remplacé comme Premier ministre, le temps de la campagne. Les semaines à venir devraient être, en tout cas, riches en événements maintenant que la date du scrutin est connue. Les noms des éventuels candidats devraient être présentés aux électeurs au fur et à mesure que se rapprochera la date limite. L’activité politique sera irrémédiablement imprimée par la présidentielle d’avril prochain. Et beaucoup d’interrogations, qui sous-tendent ce grand rendez-vous politique majeur, auront des réponses.<