Invité d’honneur de cette 51e édition de la Foire internationale d’Alger (FIA), la République populaire de Chine a la particularité d’être un partenaire pas comme les autres. La Chine, qui entretient avec l’Algérie un lien historique et d’amitié particulièrement fort, est aujourd’hui le premier partenaire économique et commercial de l’Algérie. La coopération économique avec l’empire du milieu n’est pas récente.

« Les relations entre les deux pays, qui remontent à l’année 1958, se caractérisent par un haut niveau de confiance mutuelle, permettant à l’amitié sino-algérienne de résister à tous les aléas de la situation internationale », a déclaré mardi l’ambassadeur de Chine en Algérie, Yang Guangyu, lors d’une conférence à l’occasion de la célébration du 60e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre l’Algérie et la Chine qui coïncide avec cette participation à la FIA. Les accords de coopération et de partenariat entre les deux pays ont ouvert une période d’échange dense.
Avec un total de 5,21 milliards de dollars, la Chine se taille 19,40 % des importations globales algériennes. Supplantant la France qui vient à la deuxième place. Le volume du commerce bilatéral entre les deux parties a atteint la valeur des « 8 milliards de dollars depuis pratiquement cinq ans avec un important investissement qui s’élève à 2,6 milliards de dollars essentiellement dans les domaines pétrolier et gazier », a souligné un observateur de la relation entre les deux pays. La Chine est le premier fournisseur de l’Algérie en produits et équipements divers avec 6,56 milliards de dollars sur les neufs premiers mois de 2017. Le montant des exportations algériennes vers la Chine, nettement moins important, est de 473 millions de dollars durant la même période. La
relation Algérie-Chine pourrait évoluer dans le futur sur le plan économique.  D’autant plus que la Chine est devenue la première puissance économique mondiale dépassant les Etats-Unis. Ce qui devrait impliquer un besoin pour la Chine de tisser, voire consolider, ses relations avec ses partenaires traditionnels. « La Chine est déterminée à continuer à aller de l’avant avec l’Algérie pour faire progresser notre partenariat », a dit l’ambassadeur de Chine pour qui le partenariat économique entre les deux pays est considéré comme « particulièrement fort ».
L’Algérie étant le premier pays arabe entretenant un tel niveau de relation avec la Chine. Les Chinois s’orientent ces dernières années, vers le partenariat, que ce soit dans le bâtiment, la réalisation de ports et de voies ferrées ou dans les exploitations minières.
La Chine qui entreprend un projet pharaonique baptisé « les nouvelles routes de la soie » entend créer un bouleversement dans les équilibres commerciaux et économiques mondiaux. Lancée en 2013 par le président chinois, XI Jinping, à Astana (Kazakhstan), ce projet a recueilli jusque-là l’adhésion de plus de 100 pays et organisations internationales et généré plus de 200 000 emplois. Le Port d’El Hamdania près de Tipasa est l’un des projets s’inscrivant dans ce cadre qui lie les deux pays. D’un coût de réalisation estimé à 3,3 milliards de dollars, cette infrastructure portuaire, qui devrait être livrée en mars 2019, est financée dans le cadre d’un crédit chinois à long terme.
Bien que suscitant certaines inquiétudes écologiques, cette future infrastructure portuaire devrait s`étendre sur une superficie de plus de 1 000 hectares et disposer d’une zone logistique de 2 000 hectares, comme il sera doté de 3 360 mètres linéaires de quai pouvant accueillir des navires de grande taille. <