Demain, vendredi, les Etats-Unis ouvriront une nouvelle page de leur grande histoire politique. A la Maison- Blanche, le président Barack Obama cédèra son bureau ovale au président élu en novembre dernier, le milliardaire et truculent Donald Trump. Une ére se termine, donc. Elle aura duré de 2008 à 2017 et a vu pendant deux mandats présidentiels successifs l’Amérique avoir son premier président noir. Un tournant historique qui demeure cependant tributaire d’un véritable bilan sur ce que M. Obama a fait pour son pays et les conséquences de sa politique étrangère dans le monde. Ce bilan, on le sait déjà, ne sera pas que positif et de nombreux observateurs sortent déjà leur machine à calculer pour recenser les nombreuses défaites de l’ancien locataire de la Maison-Blanche: une question raciale non réglée et plus que jamais ravivée durant son second et dernier mandat, une politique de santé qu’il n’a jamais pu appliquer comme il le souhaitait face à un congrès récalcitrant et qui risque cette fois de saper ce qui reste de son «Obamacare». A l’international, il aura laissé l’empreinte d’un chef d’Etat peu convaincant, en particulier au Moyen-Orient, et celui d’un président remonté sur le tard contre une Russie de Poutine accusée de tous les maux. Jusqu’à la caricature et faire oublier à la bonne presse occidentale qu’il s’agit d’un pays en droit de défendre ses intérêts vitaux comme il l’a fait jusqu’ici avec succès en Crimée puis en Syrie. Passons. Barack Obama fait désormais partie de l’Histoire qui pourrait être d’un cruel retour pour lui et toutes les occasions qu’il a manquées d’honorer ses engagements de candidat à la tête des Etats-Unis. On en retiendra quand même qu’il a été plutôt sympathique et qu’il savait pousser la chansonnette comme personne. Et que, derrière lui, il y avait son épouse, la formidable Michelle Obama qui continuera certainement à faire parler d’elle dans les cercles associatifs caritatifs et de soutien aux jeunes, aux écologistes et aux minorités. Le présent, c’est désormais Donald Trump qui, dès demain, sera revêtu du costume du chef du pays qui est encore le plus puissant de la planète et dont les choix impactent forcément tous les autres pays. Le nouveau chef de la Maison Blanche est iconoclaste dans son genre, du moins tel qu’il s’est montré durant sa campagne électorale. Il a multiplié les contradictions et les coups d’éclats jusqu’à destabiliser le lourd estahblishment américain et la massive industrie politique à Washington. Qu’en dire ? Rien jusqu’à l’évaluation de ses premières actions en tant que «commander in chief» des Etats-Unis. C’est-à-dire les premières semaines qu’il aura passées au pouvoir. En attendant, un constat: jamais son élection n’a capté aussi puissamment l’intérêt du monde entier, ni suscité autant d’interrogations.