Le ministère de l’Industrie a organisé, hier au niveau de l’Institut supérieur de gestion et de planification (ISGP), une rencontre sur le thème du climat des affaires (Doing Business) en Algérie, principalement en matière de création d’entreprises.

La Banque mondiale révèle chaque année son classement Doing Business, classant les pays selon le climat des affaires qui y règne. L’Algérie a été classée en 2017 à la 166e place, après avoir dégringolé depuis 2009, où elle figurait à la 134e place. Le mauvais classement Doing Business de l’Algérie s’explique par plusieurs facteurs. «Parmi ces facteurs, l’on constate l’insuffisance du contrôle et de suivi de l’application sur le terrain des mesures initiées», indique Abdelmadjid Messaoudi, directeur général de la veille stratégique, des études et des systèmes d’information au ministère de l’Industrie. Ce qui nécessite un contrôle «externe et interne», selon M. Messaoudi, qui appelle en ce sens à mobiliser l’ensemble des administrations qui interviennent dans le climat des affaires. D’autre part, le nombre de contributeurs aux enquêtes est limité et peu informés des progrès réalisés, relève le représentant du département de l’Industrie. «Il faut donc mieux communiquer, impliquer les contributeurs et multiplier leur effectif associé au processus d’enquête». Il a par ailleurs mis en exergue le retard numérique de l’Algérie au niveau mondial et même continental, ce qui est une entrave à l’amélioration du climat national des affaires.
«Nous en sommes à espérer la généralisation du paiement électronique», regrette-t-il. Formulant par ailleurs le vœu de voir les notaires présents à la rencontre s’approprier l’outil numérique mis à la disposition des porteurs de projets pour la création d’entreprises, dont une présentation a eu lieu hier. «Nous espérons que vous vous approprierez cet outil et que nous pourrons en faire le moyen par lequel on raccorde l’ensemble des services aux entreprises», a lancé le représentant du ministère de l’Industrie aux différents acteurs autour de la création d’entreprise.

IDE, la nécessité de conditions attractives
D’autre part, la rencontre a permis de mettre le doigt sur les questions de l’investissement étranger (IDE), ce qui nécessite un climat des affaires conforme aux exigences des entreprises internationales. «Il faut créer les conditions attractives pour les investissements étrangers», considère Zé Alvès-Pereira, attaché à l’économie et aux finances à la délégation de l’Union européenne en Algérie, plaidant pour qu’un cadre soit instauré qui libère «des pertes de temps coûteuses et des extraits de naissance qui retardent la naissance des entreprises». Pour le représentant de la délégation européenne, qui n’y est pas allé avec le dos de la cuillère, l’avantage est que le climat des affaires en Algérie «ne pourra que s’améliorer». Il a rappelé l’appui, dans le cadre de cette démarche, de la Banque mondiale et le soutien financier important de l’UE, à hauteur de 17 millions d’euros, étalés sur dix ans dans le cadre du Padica (Programmes d’appui à la diversification de l’industrie et à l’amélioration du climat des affaires). «Pour simplifier les démarches dans le futur, il faut identifier les raisons du blocage, les actions inutiles. Et attaquer une par une les entraves à l’amélioration du Doing Business», prône Zé Alvès-Pereira. Il salue en outre la création du portail électronique dédié à la création d’entreprises qui correspond à «un premier acte» dans le processus d’amélioration du climat des affaires en Algérie. Pour Jean-Michel Mas, expert de la Banque mondiale, «grâce au portail mis en place et aux actions de l’Etat, il sera plus facile pour les jeunes de créer leurs entreprises», signalant ainsi que l’indicateur «création d’entreprises» est le plus travaillé par les pays dans le monde, ce qui a permis déjà à une trentaine de pays d’offrir le service de création d’entreprises en ligne. «La dynamique est bien engagée mais le classement Doing Business n’est pas une fin en soi, mais un stimulus pour une meilleure politique économique», explique le représentant de la Banque mondiale.

bon à savoir
La rencontre d’information autour du lancement du portail électronique de création d’entreprises a permis aux notaires, acteurs essentiels lors de toute création d’entreprise, ainsi qu’à un ensemble de représentants d’institutions d’assister à une simulation de création d’entreprises à travers la plateforme numérique  www.jecreemonentreprise.dz. Le service en ligne permet de réaliser l’ensemble des formalités nécessaires à la création d’entreprise de façon dématérialisée et d’avoir comme interlocuteur unique le notaire qui se chargera de transférer les informations et documents nécessaires aux organismes concernés par la procédure de création d’entreprise, à savoir le Centre national du registre du commerce (CNRC), les impôts et la Casnos. «Nous avons entamé ce processus, il y a environ une année, et il est pratiquement finalisé au terme de l’exploitation pilote», a indiqué Abdelmadjid Messaoudi. Précisant que l’exploitation pilote a vu l’implication de dix notaires depuis mai 2017 et la création de 75 entreprises via l’outil numérique avec un délai moyen de trois jours. D’autre part, 276 notaires ont été formés à l’utilisation de la plateforme.