Au plan des échanges commerciaux, la Chine est classée depuis 2013 premier fournisseur de l’Algérie. En 2016, elle avait exporté vers l’Algérie pour un montant de 8,4 milliards de dollars. Elle a l’opportunité de préserver sa position vis-à-vis d’autres concurrents directs, dont la France, un pays qui la talonne sur le marché algérien.

Et, Pékin ne peut pas se permettre de la rater, multipliant les projets de développement avec des partenaires locaux, et faisant les yeux doux à l’Algérie en finançant gracieusement un ensemble d’établissements dont fait partie l’Opéra d’Alger. Comme preuve de cette affirmation, la Chine vient de signer un accord de coopération économique et technique portant sur l’octroi d’un don d’un montant de 30 millions de dollars. Il est destiné au financement de projets de coopération en Algérie, notamment celui du Palais culturel et de loisirs pour les jeunes d’Alger qui avait déjà bénéficié d’un don d’un montant de 15 millions de dollars en 2016. Elle a également conclu un accord relatif à la mise en place d’une coopération technique au profit de l’Opéra d’Alger. Les deux pays se sont engagés à développer davantage leurs relations bilatérales à travers des actions concrètes. Ils ont déjà fait le bilan de la coopération existante et se sont penchés sur la manière de la développer davantage. Et il est question de prendre notamment des actions devant permettre de développer davantage les bonnes relations entre les deux pays. Le gouvernement chinois a promis de veiller à continuer à « encourager » les sociétés chinoises à venir s’installer et investir en Algérie. La Chine figure au tableau des cinq pays les plus importants investisseurs en Algérie, à savoir la France, l’Allemagne, l’Italie et la Turquie. Le bilatéral est marqué par une « confiance politique » et « stratégique » et une collaboration « mutuellement avantageuse ». La Chine et l’Algérie veulent établir une plate-forme pour l’échange d’expériences et encourager les entreprises et les établissements des deux pays à développer davantage leur coopération en matière de renforcement des capacités productives. Ils visent également à favoriser la mise en œuvre conjointe de mesures visant à moderniser les capacités productives et à promouvoir leur développement à travers l’accès permanent des entreprises aux nouvelles technologies industrielles.
Algérien et Chinois ont déjà fixé, il y a un peu plus d’un an, le cadre dans lequel va évoluer la coopération et le partenariat. Les Chinois voient grand et n’hésitent pas, si c’est nécessaire, à reconsidérer leurs façons de faire. Et ils ratissent large en matière de partenariat et de projets, s’intéressant à la coopération en matière de capacités productives qui est axée sur l’établissement, le transfert et l’optimisation des capacités productives, alimentée principalement par les entreprises et orientée vers les bénéfices mutuels. Cela peut concerner l’industrie manufacturière, la construction des infrastructures d’accompagnement, l’exploitation des ressources et des énergies comme secteurs majeurs, sous forme de partenariats, d’investissements directs étrangers, de commerce des équipements et de coopération technique. La Chine vise par ailleurs des domaines aussi divers que l’industrie mécanique, l’industrie ferroviaire, la sidérurgie, la pétrochimie, les énergies renouvelables et efficacité énergétique, le pétrole et gaz,… Aujourd’hui, le projet du port Centre d’El Hamdania (Cherchell, wilaya de Tipasa) fait partie des projets phares dans lesquels se sont engagés les Chinois. Ces derniers souhaitent que les deux pays continuent à conjuguer leurs efforts pour permettre la mise en chantier du projet dans les « meilleurs délais ».