L’investissement productif en Algérie poursuit son bonhomme de chemin. Certes pas encore à la vitesse escomptée par le gouvernement mais il reste, à la lumière du bilan des investissements enregistré en 2018, néanmoins assez encourageant. En témoigne le bilan présenté avec force détails par le directeur général de l’Agence nationale de développement de l’investissement (Andi) Abdelkrim Mansouri et rendu public hier. Ce responsable a fait savoir que le total des investissements enregistrés l’exercice écoulé auprès de l’Andi s’est établi à 4 125 projets pour un montant de 1 376 milliards de dinars. Et dont une grande partie concerne le secteur industriel. Qui prévoit la création de 143 320 emplois.
Par secteur d’activité, les parts du secteur de l’industrie, par rapport à 2017, ont enregistré une progression relative. Ils représentent 56% du nombre total des projets enregistrés en 2018 (contre 51% en 2017), 62% en termes de valeur (contre 58%) et 64% en termes d’emplois (contre 62%).
Selon Mansouri, 2 293 projets industriels ont ainsi été enregistrés pour un montant de 1 039 milliards de dinars et prévoyant la création 92 211 emplois. Le directeur général a en outre souligné que sur ces 2 293 projets industriels, il est prévu la création nouvelle de 1 619 unités industrielles devant être opérationnelles dans diverses filières. Les filières industrielles prédominantes sont les industries sidérurgiques, métalliques, mécaniques, électriques et électroniques (296 milliards de DA pour 420 projets), les industries agroalimentaires (241milliards de DA pour 575 projets), chimie-caoutchouc-plastique (233 milliards de DA pour 577 projets), bois-papier (118 milliards de DA pour 316 projets) et matériaux de construction (109 milliards de DA pour 209 projets), précise-t-il.
Concernant le secteur du tourisme, le montant des investissements, toujours selon cette même source, est de 310 milliards de DA (19% du montant global des investissements) pour 299 projets et prévoyant la création de 17 407 emplois (12% de la totalité). Sur ces 299 projets touristiques enregistrés, il est prévu des créations nouvelles au nombre de 247 projets dans divers segments d’activités concentrés essentiellement dans l’hôtellerie prévoyant la création de 124 établissements hôteliers de divers standing pour plus 39 000 lits et 24 complexes touristiques.
Quant au secteur de l’agriculture, il a enregistré 226 projets (en hausse de 21% par rapport à 2017) pour un montant de 83 milliards de DA (en hausse de 84%) avec une création d’emplois prévue de 9 292 (en hausse de 104%). « Il importe de souligner la dynamique entrepreneuriale enclenchée dans le secteur agricole et dont les résultats sont nettement perceptibles à travers le nombre de projets enregistrés de type créations nouvelles, au cours de l’année 2018, et qui s’élève à 173 projets sur les 226 projets », observe le directeur général de l’Andi. Faisant savoir que les projets concernent notamment les activités d’accouvage et engraissement de volailles, les travaux agricoles et traitement phytosanitaires, l’aquaculture et pêche (élevage en cages flottantes et bassins, du poisson à l’état frais, notamment le loup de mer, les dorades royales, les moules et les huîtres, acquisition de navires spécialisés pour la pêche au thon et au poisson bleu et blanc et de crustacés), et l’engraissement industriel de bovins et ovins (création de fermes pour l’engraissement des bovins et ovins ainsi que l’élevage pour la production de lait ou l’abattage…).
Pour le secteur de la Santé, l’Andi a enregistré 122 projets pour un montant de 55 milliards de DA prévoyant la création de 4 601 emplois. Sur ces 122 projets enregistrés au cours de l’année 2018, il est prévu des créations nouvelles au nombre de 75 projets dans divers domaines (cliniques et centres de soins spécialisés, création d’établissements de santé de type ambulatoires, et de soins à domicile…).
Pour les autres secteurs, celui du Btph a enregistré 927 projets pour un montant de 122 milliards de DA avec la création de 12 300 emplois. Quant au secteur des services, il a enregistré 255 projets pour un montant de 66 milliards de DA et la création de 7 377 emplois. A ce propos, Mansouri observe que ce sont les secteurs prioritaires qui revêtent une importance particulière pour l’économie nationale (agriculture, industrie et tourisme essentiellement), qui attirent le plus d’investissements.
« Cela signifie que les promoteurs de projets vont aujourd’hui dans le sens des orientations de l’Etat en matière d’investissement », soutient-il. Qui plus est, poursuit-il, les dispositions prises par le gouvernement portant suspension de l’importation de certains produits ont incité un certain nombre d’importateurs à s’orienter de plus en plus vers la production et l’investissement.
146 milliards de dinars d’investissements impliquant des étrangers
Ce responsable a poursuivi sa présentation par les investissements impliquant des étrangers et rapportant qu’ils sont d’un montant de 146 milliards de DA et concentrés principalement dans l’industrie, a-t-il précisé. Concernant les projets d’investissements enregistrés dans le cadre de partenariats entre opérateurs nationaux et étrangers, ils sont d’un montant de 146 milliards de DA (9% du montant total des investissements enregistrés) pour 20 projets enregistrés, prévoyant la création de 9 654 postes de travail (7% de la totalité), fait savoir Mansouri.
Selon lui, ces investissements ont été sélectionnés et encouragés par l’Etat « compte tenu de leur cohérence et harmonie avec la politique de développement décidée par les autorités publiques». Ces investissements sont concentrés principalement dans l’industrie à hauteur de 90% du nombre total de projets, soit 18 projets, 89% de leur valeur globale, soit 130 milliards de DA, et 75% du nombre d’emplois, soit 7 194 postes. Il s’agit des filières des industries, respectivement, de sidérurgie-mécanique-métallique-électrique (6 projets), de chimie-caoutchouc-plastique (4 projets), des matériaux de construction-céramique-verre (3 projets), des industries agroalimentaires (3 projets) et du bois-liège-papier (2 projets). Le drecteur général de l’Andi a, par ailleurs, signalé que les projets d’investissements impliquant des étrangers (12 nationalités) sont majoritairement en provenance des grands ensembles régionaux d’Europe et des pays arabes.
Commentant le bilan global des investissements enregistrés en 2018, Mansouri relève que l’année 2018 a connu un certain nombre de mesures et de dispositions fiscales et parafiscales avantageuses prises par le gouvernement afin d’aider l’investissement au niveau de toutes les régions du pays.
En outre, fait-il valoir, le gouvernement a pris des mesures d’ordre institutionnel à travers le redéploiement de l’Andi au niveau des wilayas déléguées du Sud à travers 10 bureaux locaux. « Si l’année 2018 a été celle de la création des bureaux de l’Andi au niveau des wilayas déléguées du Sud, l’année 2019 sera celle de la promotion de l’investissement dans ces wilayas », a-t-il indiqué. Dans ce cadre, il fera savoir enfin que l’Andi lancera durant l’année en cours des campagnes d’information et de sensibilisation à destination des investisseurs pour encourager ceux qui veulent investir dans ces régions. Ces derniers pourront bénéficier de 10 années d’exonération fiscale et de
3 ans de différé sur le remboursement de leurs crédits bancaires.n