Le ministre de l’Energie, Mustapha Guitouni, a saisi la tribune offerte à l’occasion de l’ouverture, lundi à Oran, des travaux des 11es Journées scientifiques et techniques de Sonatrach (JST 11), pour dérouler devant un parterre de présidents et de dirigeants de grandes majors pétrolières étrangers les avantages d’investir en Algérie.

Les conditions d’investissement dans le secteur énergétique assurent un partage équitable des risques et des bénéfices, a-t-il d’emblée affirmé en direction de son auditoire, dont la plupart est déjà en partenariat avec Sonatrach. «Les conditions d’investissement et l’amélioration de l’environnement général dans son ensemble pour les activités hydrocarbures devraient se traduire par une meilleure visibilité pour nos partenaires et assurer un partage équitable des risques et des bénéfices», a-t-il assuré.
Et de souligner que «ces conditions, en cours d’amélioration, permettront l’adoption de mesures plus incitatives pour les activités d’exploration et de production de gisements avec les partenaires de l’Algérie», en allusion à la loi sur les hydrocarbures qui sera amendée une fois le texte présenté à l’Assemblée. A ce titre, le ministre a évoqué la réflexion engagée pour l’«introduction de nouvelles mesures d’encouragement du partenariat» dans le cadre de cette même refonte de la loi, dont il est particulièrement attendu plus de flexibilité fiscale. Un partenariat qui peut compter sur une compagnie publique Sonatrach qui sait «travailler» avec ses partenaires et qui, déclare encore M. Guitouni, «par le biais de ses dirigeants, cadres et travailleurs, a consenti des efforts pour assainir les relations avec ses partenaires et asseoir une nouvelle dynamique positive de gagnant-gagnant». Comprendre qu’il n’existe plus aucune tension entre Sonatrach et ses différents partenaires avec lesquels elle a aplani tous les litiges contractuels. Processus spécialement porté par l’actuel P-DG du groupe, M. Ould Kadour. En moins de deux ans depuis son installation à la tête de Sonatrach, il a réglé à l’amiable «de vieux comptes» avec Total, Saipem, Maersk Oil… la plupart portant sur l’imposition du partage des gains. Et les responsables des majors présents confirment cette atmosphère positive pour leurs investissements dans le pays. A commencer par le vice-président de CEPSA (Espagne), Pedro Miro, qui a salué les 30 ans de partenariat entre sa compagnie et Sonatrach, entamé en 1992, les qualifiant de «très fructueux», ayant donné lieu à de nombreux contrats d’exploration, ainsi qu’à de nombreuses découvertes de gisements de pétrole et de gaz. M. Miro a également évoqué le projet Medgaz qui représente, a-t-il dit, «un grand projet, un excellent record d’opérations après un défi technique et une infrastructure-clé pour les systèmes gaziers en Algérie et en Espagne», estimant que le partenariat entre Sonatrach et CEPSA «est solide, loyal et performant». Le représentant du groupe français Total, Arnaud Breuillac, a abondé dans le même sens pour mettre l’accent sur le «caractère excellent» du partenariat entre sa compagnie et Sonatrach, tout en insistant sur l’importance de la coopération dans le développement des ressources énergétiques et sur le plan environnemental. Même son de cloche chez le président d’ENI (Italie), Claudio Descalzi, qui, a, dans son allocution, mis plutôt en relief la croissance continue de la demande en pétrole et en gaz dans le monde, un objectif qui passe, pour son groupe, par l’investissement dans les énergies renouvelables, notamment les énergies solaire et éolienne dans les installations en remplacement du gaz. Il  a, dans ce cadre, mis en avant le partenariat fructueux entre ENI et les universités algériennes dans le domaine de l’énergie solaire, soulignant que l’Algérie a le plus grand potentiel solaire dans le monde. Pour rester dans la production d’énergie, mais cette fois-ci non conventionnelle, le ministre de l’Energie a eu un dernier mot sur les gaz de schiste, et de soutenir que «nous n’avons conclu aucun contrat avec aucune partie» pour leur exploitation. «Aucun contrat n’a été conclu avec aucune partie», a déclaré M. Guitouni, en réponse à une question sur ce sujet lors d’une conférence de presse animée à l’issue de l’ouverture des JST. «Nous sommes encore à l’étape de l’étude», a-t-il ajouté.
«Pour exploiter le gaz de schiste, nous devons attendre dix ans au moins, car il y a différents dispositifs à prendre, notamment les études et les analyses», a expliqué le premier responsable du secteur.