Par Nadir Kadi
Le Président de la République Abdelmadjid Tebboune, qui a achevé hier sa visite d’Etat au Koweït, a fait savoir, avant-hier, lors de sa rencontre avec la communauté algérienne établie dans ce pays, que la loi sur le nouveau code de l’investissement sera très prochainement effective. Le Président a, en effet, annoncé que la loi «sera promulguée dans un mois». Un texte qui proposera, selon les propos du Président rapportés pas l’APS, des règles d’investissement transparentes permettant aux investisseurs, algériens et étrangers, de concrétiser leurs projets, de réaliser des bénéfices avec la possibilité de les transférer à l’étranger ou de les réinvestir sans entrave aucune, «du moment que les transactions sont transparentes et conformes à la loi». Déclarations et annonces faites dans le cadre plus large d’un discours sur «l’ouverture économique de l’Algérie», le Président Tebboune explique ainsi à propos de l’investissement étranger en Algérie que «les investisseurs sont les bienvenus». La question, délicate, des transferts bancaires devra, pour sa part, trouver sa réponse dans le cadre de la loi, ajoute en substance le Président : «Nous avons des lois qu’il faut respecter, c’est tout ce que nous demandons, pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté et que les choses soient claires. L’investisseur peut faire des bénéfices et transférer ses dividendes et l’Etat le protégera.» Et la même logique devrait être suivie en ce qui concerne la possibilité d’investissement des «fonds souverains de certains pays en Algérie», M. Tebboune, sans plus de détails, explique que ces fonds «sont les bienvenus» s’il s’agit de projets de développement générateurs de croissance.
Nouveau texte de loi sur les investissements nationaux et étrangers, qui devrait en ce sens réformer la législation datant de 2001 puis révisée en 2017. Cette réforme devrait également incarner une vision radicalement différente de l’économie du pays, le Président Tebboune déclare en ce sens qu’il est «impératif» de s’affranchir de la dépendance aux hydrocarbures et de se débarrasser des «promesses creuses». Le président de la République a réaffirmé sa volonté de construire une économie «plus réaliste, une économie qui profite du pétrole et non basée sur le pétrole, une économie créatrice de richesses et d’emplois». Quant à la question de l’endettement ou du financement de projets par l’emprunt extérieur, le Président estime que «l’Algérie a une expérience avec l’endettement extérieur et ne procédera pas de la même manière le cas échéant».
Par ailleurs, et à propos de la question de l’attractivité de l’Algérie pour les investisseurs étrangers, très certainement impactée ces dernières années par les nombreux procès d’hommes d’affaires et les révélations de la justice, le Président se veut rassurant et réaffirme que le pays a tourné la page des anciennes pratiques : «La nouvelle Algérie, c’est l’Algérie des comportements et non des individus (…) Le changement émane de la société. Le rôle de l’Etat n’est pas de changer mais de gérer.» Ajoutant à propos des contrôles de l’Etat : «Nos cadres aujourd’hui sont tous intègres et travaillent uniquement dans l’intérêt du pays.»