La semaine prochaine, un important projet réunissant le Groupe public algérien Sonatrach et la compagnie saoudienne Saudi Basic Industries Corporation (Sabic) devra faire l’objet de signature d’un protocole d’accord pour la réalisation de trois projets pétrochimiques, ont annoncé, jeudi dernier à Alger, les ministres algérien de l’Industrie et des Mines, Abdeslam Bouchouareb, et saoudien du Commerce et de l’Investissement, Madjed Ben Abdallah Al Qassabi.

Interrogé sur ces projets, M. Bouchouareb a préféré laisser la parole aux deux partenaires concernés par ce projet au moment de la finalisation de l’accord et sa signature. En fait, la demande a émané de Sonatrach et la Compagnie Sabic n’a répondu que mercredi soir avec un accord de principe de signature, a-t-il développé.
Apparemment, les autorités algériennes ne veulent pas s’avancer sur les détails des projets ni sur les montants engagés dans le cadre du partenariat algéro-saoudien. Pourtant, c’est le deuxième plus important projet annoncé officiellement et faisant l’objet de signature.
Jusque-là, la partie algérienne refuse d’avancer même le montant global des investissements saoudiens en Algérie en dépit des montants affirmés par les partenaires saoudiens eux-mêmes. Pour M. Bouchouareb, ce qui importe ce n’est pas la valeur des investissements, mais le «saut qualitatif» des relations économiques entre les deux pays. Selon le représentant du gouvernement algérien, concernant les montants, «il faudra s’adresser aux propriétaires de ces projets de partenariat».
Pourtant la veille, il avait promis de révéler ce montant à l’issue de toutes les signatures et la clôture de la 10e session du Conseil d’affaires algéro-saoudien, face aux médias.

Projet sur le phosphate : un bureau international déterminera le coût de l’investissement
S’agissant du projet d’extraction, de valorisation et de transformation du phosphate algérien, il «ouvre le débat entre les deux compagnies en partenariat qui passera par une étude approfondie entre les deux parties», a soutenu le ministre.
Cette étude, dit-il, «sera réalisée par un bureau international qui évaluera les besoins algériens et les objectifs saoudiens.
Des recommandations seront faites pour déterminer le coût de l’investissement et les détails de l’investissement».
Pour l’heure, «il est trop tôt de s’avancer sur le montant des investissements», estime M. Bouchouareb. Pour rappel, le président du Conseil d’affaires, côté saoudien, Raid Ahmed Al Mazroue, a avancé la veille un coût de 15 milliards de dollars. Interrogé, en marge de la signature, sur ce montant, le P-DG d’Asmidal a refusé tout commentaire.
Il s’est contenté de dire : «Nous sommes tenus de garder confidentiels les détails de l’accord». Pour l’instant, les 16 projets d’investissement communs, annoncés mardi dernier par le ministre de l’Industrie, «ont totalisé près de 400 millions de dollars», a indiqué M. Bouchouareb. Ce montant est en deçà du potentiel du partenariat algéro-saoudien, selon lui.
S’agissant du projet d’investissement du Groupe saoudien Al Marai, dans l’agroalimentaire et, notamment dans la filière lait, le ministre saoudien a déclaré que «des réunions préliminaires ont été tenues et un accord a été conclu pour l’étude d’opportunités d’investissement». Dans ce sens, «une étude économique du projet sera réalisée», a-t-il poursuivi sans le préciser.
Enfin, une commission de suivi évaluera les accords de partenariats en octobre prochain (2017) à Alger, a-t-il signalé. Des groupes de travail sont installés pour chaque secteur pour suivre les dossiers de près, ont ajouté les responsables algériens.
Durant, les trois jours de cette session, plusieurs accords ont été signés dans les secteurs des Finances, de l’Energie, des Mines, de l’Agriculture, des Ressources en eau, des Transports et du Tourisme, a énuméré le représentant du ministère algérien des Affaires étrangères.

L’endettement extérieur «n’est pas à l’ordre du jour …»
Questionné sur l’éventualité d’un prêt ou de lignes de crédits que l’Algérie a pu avoir de la part de l’Arabie saoudite, M. Bouchouareb a répondu que «l’endettement extérieur n’est pas à l’ordre du jour».
Cependant, «pour des projets dans certains domaines économiques, qui nécessitent le recours, à ce genre de financement, avec une rentabilité assurée, il est possible d’aller vers cette option», a-t-il ajouté. Pour l’endettement extérieur, «l’Etat n’a pas encore changé de position», a-t-il conclu.