Par Feriel Nourine
La Conférence nationale sur la relance industrielle, organisée à Alger du 4 au 6 décembre, aura-t-elle servi à mettre, enfin, le secteur sur les rails vers la concrétisation d’un projet que l’économie nationale attend depuis des lustres ? Cette économie va-t-elle, enfin, pouvoir s’asseoir sur les bases de la diversité industrielle et s’affranchir de la dépendance quasi-exclusive des hydrocarbures ?
Les réponses pourraient être affirmatives au vu des enseignements tirés de ce rendez-vous, des orientations qui l’ont marqué et de la série recommandations venue sanctionner les ateliers qu’il a abrités. Le gros de ces recommandations a porté sur le rôle de l’Etat à l’égard des investisseurs. Ce dernier s’acquitte d’une double mission de contributeur et de régulateur de la vie économique, ont souligné les participants à l’atelier « La gouvernance de l’entreprise publique économique (EPE), le rôle de l’Etat en tant qu’associé ». Partant, ils ont appelé à « clarifier le rôle de l’Etat » dans cette double mission.
En ce sens, ils ont proposé la création d’une instance indépendante pour la gestion des participations de l’Etat sous la forme d’une agence ou d’un fonds d’investissement, tout en évitant certains dysfonctionnements enregistrés auparavant dans la gestion, outre la révision de certaines missions des instances de gestion du secteur commercial public et les contributions de l’Etat. Les recommandations du même atelier ont, en outre, été consacrées aux activités des membres des conseils d’administration des EPE. Celles-ci doivent être développées en bénéficiant d’un « caractère plus professionnel et d’une expertise dans divers domaines », ont estimé les intervenants, citant, à ce propos, l’image de l’amélioration de la gouvernance des banques, initiée par le ministère des Finances. Il a été recommandé également la nécessité de « revoir de manière globale le système salarial et les indemnisations en tenant compte des missions et des responsabilités à adapter au niveau prévu dans le code du commerce ». Il s’agit aussi de l’élaboration et de la publication d’un guide sur les missions et les obligations des membres des conseils d’administration et des assemblées générales. Concernant les groupes industriels et les holdings publics, les participants ont jugé important de définir un cadre pour leurs missions, tout en accordant une plus grande indépendance et flexibilité à la gestion des sociétés et leurs filiales.
La Gouvernance de l’EPE a été, elle aussi, abordée, et les recommandations à ce sujet ont porté sur « l’impératif de la révision des textes juridiques régissant ces mesures, notamment l’Ordonnance 01-04 du 22 août 2001 relative à l’organisation, la gestion et la privatisation des EPE, les codes du commerce et du travail, l’adoption d’une nouvelle loi d’orientation sur la gestion des EPE, l’accélération de la mise en place du cadre juridique pour dépénaliser l’acte de gestion, et la protection des cadres pour accélérer la cadence de la production et l’investissement ».
Dans le même sillage, il a été également question pour les intervenants de préconiser l’ouverture du capital de certaines EPE non stratégiques ainsi que la redynamisation et le développement du partenariat entre les secteurs public et privé. La recherche d’autres sources de financement, la redynamisation du rôle des sociétés d’assurance et le recours à la Bourse d’Alger, au marché financier et aux fonds d’investissement ont été aussi recommandés au profit de l’EPE.