Les patrons des entreprises françaises activant dans l’industrie pharmaceutique saluent l’abrogation de la règle 49/51% régissant l’investissement en Algérie. Le président de la Chambre de commerce et d’industrie algéro-française (CCIAF), Michel Bisac, l’a fait savoir hier à Alger, lors d’un point de presse en marge d’une rencontre ayant regroupé des entreprises françaises et algériennes de l’industrie pharmaceutique, de l’équipement et des dispositifs médicaux.

«Enormément d’entreprises françaises du secteur s’intéressent à l’Algérie, au vu des dispositions de la loi de finances 2020 dans le volet investissement, notamment celle faisant état de l’abrogation de la règle 59/51%», a-t-il déclaré, ajoutant que «les opérateurs français attendent la mise en place des textes d’application de la LF 2020, notamment concernant l’abrogation de la règle du 51/49». M. Bisac a expliqué qu’«il ne s’agit cependant pas d’investir sans partenaire», mais qu’«il s’agit plutôt de trouver le bon partenaire en ayant le choix sur le niveau d’investissement de chacun». En outre, «ce genre d’événements permet aux entreprises algériennes d’aider les entreprises françaises à s’installer en Algérie et d’échanger leur savoir-faire», a-t-il ajouté.
Sur le volet commercial de cette rencontre organisée par la CCIAF, le président de «French Healthcare», une association qui regroupe des entreprises françaises de la santé activant à l’international, Jean-François Gendron, a indiqué que l’objectif de sa participation est de permettre la mise en relation des entreprises algériennes et françaises afin de «trouver des produits, des médicaments ou du matériel médical pour le marché algérien qui connait une importante demande». Affirmant «une grande appétence» des entreprises françaises pour le domaine de la santé en Algérie, il a estimé que ces entreprises offrent, outre leurs produits de qualité dans le secteur pharmaceutique et médical, des services de formation notamment dans le domaine de la cancérologie.
En réponse aux questions de la presse quant à l’investissement de ces entreprises en Algérie, il a souligné le besoin pour les opérateurs de son pays dans ce secteur d’avoir une visibilité législative sur le moyen et long terme, notamment au niveau fiscal.
Pour sa part, Mohamed-Chafik Mouzali, représentant du laboratoire algérien «El Kendi», a fait savoir que l’intérêt de l’entreprise qu’il représente est de nouer des partenariats pour le développement de l’industrie pharmaceutique nationale. «Nous essayons aujourd’hui de trouver des opportunités pour nos services. Nous proposons de produire des médicaments pour d’autres partenaires internationaux», a-t-il indiqué.
De son côté, Mehdi Meradji, représentant de l’entreprise Sutural, fruit d’un partenariat algéro-français (dans le cadre de la règle 49/51%) avec un leader mondial dans la suture chirurgicale, il s’agit de trouver des fournisseurs locaux pour son activité de production de fil chirurgical. «On produit du fil chirurgical non résorbable, qui intervient surtout dans la chirurgie cardiaque. C’est un produit local destiné notamment aux hôpitaux et pour lequel il y a une forte demande», a-t-il dit en présentant son activité, ajoutant que celle-ci «permet aux hôpitaux de ne pas importer ce type de produits». Il a, par ailleurs, fait part de son optimisme quant au marché local dans ce type de production spécifique, assurant que l’entreprise qu’il représente connait une hausse de la demande «du fait que des opérations de chirurgie cardiaque qui s’effectuaient à l’étranger peuvent être réalisées en Algérie grâce à la compétence des chirurgiens locaux». Notons que la rencontre se poursuit aujourd’hui et regroupe douze entreprises françaises et une centaine d’entreprises algériennes. n