Le groupe public des hydrocarbures réalise actuellement deux projets pilotes visant à évaluer la viabilité commerciale de ses vastes ressources en gaz de schiste et les résultats obtenus jusqu’à présent sont « très encourageants ». C’est ce qu’a déclaré, jeudi, le nouveau P-DG de Sonatrach, Kamel Eddine Chikhi, depuis Malabo, en Guinée équatoriale, lors du sommet du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF).

Sur sa lancée, le nouveau patron de Sonatrach a invité les investisseurs étrangers à rejoindre son groupe dans ses efforts pour faire de nouvelles découvertes dans des zones frontalières, y compris dans l’offshore non exploré. C’est ce qu’on peut lire en tout cas dans un compte rendu diffusé par S&P Global Platts. Selon une récente révision des estimations d’Alnaft sur le potentiel algérien en gaz de schiste, l’Algérie dispose de 9 800 Tcf (trillion cubic freet) de gaz de schiste, contre 6 000 Tcf auparavant, ce qui représente 707 Tcf de réserves techniquement récupérables. « Nous avons lancé deux projets pilotes afin d’évaluer la viabilité commerciale des sites et nous évaluons actuellement les résultats », a déclaré Kamel Eddine Chikhi, fraichement nommé à la tête du groupe Sonatrach en remplacement de Rachid Hachichi. « Les résultats ont montré que le flux que nous avons enregistré est très encourageant et supérieur à de nombreux puits forés dans d’autres parties du monde, notamment aux Etats-Unis », a-t-il déclaré. « C’est très encourageant. Nous analysons et poursuivons nos travaux dans ce domaine », poursuit-il, s’investissant ainsi dans un réel plaidoyer en faveur des hydrocarbures de schiste, le gaz essentiellement. Le nouveau P-DG de Sonatrach, nommé il y a à peine une dizaine de jours, semble reprendre ainsi à son compte le plaidoyer et la campagne lancée par l’ex-P-DG du groupe, Abdelmoumen Ould Kaddour, qui en a fait une cause presque personnel. Sonatrach ne fait que reprendre ses anciens projets expérimentaux qui étaient, faut-il le rappeler, entravés par des manifestations organisées dans certaines régions du sud. Les puits expérimentaux ont été mis en veilleuse, mais depuis peu, Sonatrach reprend l’initiative avec, comme éléments encourageants, la validation par le Parlement de la nouvelle loi sur les hydrocarbures qui prend en charge l’investissement à la fois dans les hydrocarbures conventionnels et dans le schiste. Sonatrach plaide en faveur de la mise sur pied de coentreprises avec des investisseurs étrangers visant à explorer non seulement les sites de schiste, mais également ses zones sous-explorées dans le sud-ouest du pays ainsi qu’au large des côtes. Kamel Eddine Chikhi s’est montré confiant quant aux capacités de Sonatrach à mobiliser de nouveaux partenaires autour de son projet d’exploitation des ressources en hydrocarbures non conventionnelles. Il a souligné que la nouvelle loi algérienne sur les hydrocarbures rendrait l’investissement plus économique pour les acteurs internationaux.
« Je vous envoie un message », a-t-il déclaré : « Nous voulons des partenaires pour l’investissement dans les zones frontalières – cela peut présenter un risque élevé, mais un rendement élevé. » Pour ce qui est de l’offshore, Kamel Eddine Chikhi a déclaré que la Sonatrach avait déjà cartographié les zones d’intérêt et que son groupe est dans la perspective de « préparer le forage ». « Nous sommes ouverts à la discussion sur les acquisitions dans le cadre du développement des affaires et invitons nos partenaires à nous rejoindre », a-t-il indiqué, en s’adressant aux investisseurs étrangers. Il faut rappeler que le groupe Sonatrach a eu des entretiens au cours des derniers mois avec les majors américaines Chevron et ExxonMobil, tandis que l’Italien Eni a signé un accord avec Sonatrach pour des travaux en offshore. Par ailleurs, Kamel Eddine Chikhi a fait savoir qu’au cours des 10 dernières années, 270 découvertes de pétrole et de gaz ont été réalisées en Algérie, « ce qui est un nombre énorme ». « Peut-être que toutes ces découvertes ne sont pas économiques, mais les découvertes sont là », a-t-il déclaré. D’ici 2022 de l’Algérie, 85 puits d’exploration et d’évaluation devraient être forés chaque année par Sonatrach, ce qui pèserait sur la trésorerie du groupe. C’est pourquoi son P-DG a appelé, jeudi, les firmes internationales à reconsidérer l’Algérie, soulignant que l’investissement en Algérie est prometteur.