Redonner la confiance aux gestionnaires et fonctionnaires de l’Etat, un enjeu majeur de la poursuite de la reprise économique post-pandémie. Ce pourquoi, le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a longuement parlé, hier, à l’ouverture de la rencontre annuelle Gouvernement/Wali, de l’impératif de protéger les fonctionnaires de l’Etat et de faciliter l’investissement. Le chef de l’Etat, qui a réitéré l’engagement de l’Etat à lutter contre la corruption à travers un mécanisme juridique spécial, a plaidé également en faveur de la protection des cadres de l’Etat contre toutes les formes de surenchère.

Par Hakim Ould Mohamed
Il a ainsi rappelé la décision d’interdire les enquêtes sur la base des lettres anonymes visant les fonctionnaires et les gestionnaires de l’Etat, laquelle mesure a été renforcée par la suite par l’interdiction des enquêtes sans l’aval de la tutelle concernée et sans l’existence de soupçons clairs. Dans sa démarche, Abdelmadjid Tebboune a voulu ainsi, à nouveau, crever l’abcès de la prudence qu’affichent les fonctionnaires dans la gestion aussi bien des missions de l’administration économique que des actifs de l’Etat propriétaires. «Signez, même s’il y a des erreurs dans la prise de décision cela s’expliquerait par une mauvaise interprétation de la loi», ordonne Abdelmadjid Tebboune, dans son message aux walis et aux fonctionnaires de l’Etat. «Si les walis et les fonctionnaires ne recevaient pas les investisseurs, ces derniers tomberaient entre les mains des intermédiaires», estime le chef de l’Etat, soulignant la nécessité de faciliter l’investissement, car il y va de la bonne santé de l’économie nationale, étant donné que l’enjeu consiste à permettre à ces investisseurs de créer des emplois et des richesses. L’enjeu ultime étant de permettre à l’économie algérienne de poursuivre sa reprise post-pandémique. «Nous vivons une situation exceptionnelle provoquée par la pandémie du Covid-19, qui a entrainé une rechute des prix du pétrole, laquelle n’était pas sans conséquences sur l’économie», estime Abdelmadjid Tebboune, invitant les walis à être les premiers facilitateurs de l’investissement. «Ne découragerez pas les gens. Laissez-les travailler et créer des richesses», a indiqué le chef de l’Etat en s’adressant aux walis et aux fonctionnaires présents à ladite rencontre. «Ne craignez rien ! Signez lorsque les citoyens sont dans leur droit», enchaine le Président Tebboune, invitant, sans relâche, les walis et les fonctionnaires à briser le mur de la prudence dans la gestion des affaires qui sont les leurs. Dans son discours en faveur du soutien à l’investissement, le chef de l’Etat a annoncé de nouvelles facilitations prises en charge dans le cadre de la révision de la loi sur l’investissement, invitant les walis, de leur côté, à lancer des travaux d’aménagement de zones d’activités au niveau local, en attendant la création d’une agence nationale du foncier industriel qui, selon lui, devrait permettre de clore définitivement le dossier du foncier industriel, tout comme celui de l’agriculture et de l’urbanisme à travers la création d’une agence nationale du foncier agricole et une autre pour le foncier urbanisable. «L’industriel demande l’accès au foncier et ne trouve personne pour l’accueillir. Facilitez et contrôler l’usage que l’on fait du foncier. Le statu quo n’arrange ni le pays ni les citoyens», recommande le chef de l’Etat en s’adressant aux walis. Décideurs au niveau local et fonctionnaires au niveau central ont eu ainsi droit à un soutien franc du chef de l’Etat qui leur a promis la protection de l’Etat dans leurs missions de gestion et de prise de décision en faveur de l’économie. C’est un discours franc en faveur de la débureaucratisation de l’économie. Mais pas seulement. C’est aussi un appel à dépassionner la gestion et à privilégier l’intérêt national en période de reprise économique post-pandémie. Le chef de l’Etat a tenu ainsi à donner à l’économie toutes les armes pour tirer profit de la reprise économique. n