Par Hamid Bellagha
Finalement, le mystère des intoxications des baigneurs sur une plage de Ténès semble avoir trouvé un dénouement. C’est ce qui ressort du moins du communiqué du ministère de l’Intérieur, qui justifie les causes de l’intoxication et l’évanouissement de près de 200 personnes survenues par une concentration trop élevée en chlore, dans le cadre d’une opération de traitement des eaux de Oued Boufsousa, après analyses effectuées sur des prélèvements d’eau de mer impliquée dans l’incident.
Dans le communiqué, nous lirons entre autres que «sur la base des résultats des enquêtes biologiques menées suite aux cas d’intoxication enregistrés sur une plage de la commune de Ténès… le ministère de l’Intérieur informe l’opinion publique que les résultats des analyses menées sur des prélèvements d’échantillons d’eau de mer de cette plage ont prouvé sa concentration en chlore désinfectant, due à l’utilisation intensive de cette substance par les services de la commune dans le cadre du traitement des eaux de Oued Boufsoussa qui se déverse dans la mer, dans le cadre de l’entretien de l’environnement et de la prévention contre les maladies à transmission hydrique», avant de rappeler que toutes les victimes se sont rétablies. Pour rappel, dimanche dernier, 193 estivants ont été victimes de malaises sur une plage de Ténès présentant entre autres symptômes une forte toux, une rougeur des yeux et des difficultés respiratoires, ce qui a nécessité leur évacuation vers l’hôpital. Les soupçons se sont portés en un premier temps sur un navire transportant des animaux, venus de Sète, France, mais le ministère de l’Agriculture et du Développement rural a rassuré qu’«après vérification des animaux à bord du navire, ces derniers sont cliniquement indemnes de maladies et ne présentent aucun signe pouvant être rattaché à une quelconque maladie ou à un risque de contamination pour l’être humain».
Le débat, néanmoins ne semble pas clos, puisque Reda Djebbar, chercheur à l’USTHB, a affirmé l’hypothèse d’une intoxication qui serait induite par une micro-algue marine toxique, donnant des exemples d’incidents analogues consignés en 2009 à Mostaganem et à Corso (Boumerdès), mais aussi dans des pays de la Méditerranée. Il avait précisé que «les effets incommodants seraient causés par une cyanobactérie dénommée Ostreopsis ovata, une algue microscopique unicellulaire (groupe des dinoflagellés) présente habituellement dans les eaux chaudes tropicales. Son mode de vie aquatique est benthique (proche des fonds) et épiphyte (elle se fixe notamment sur les algues au fond des eaux)».
D’ailleurs, dans le temps, Marseille enregistre depuis hier des similitudes avec l’incident de Ténès. Il n’y a pas pour le moment de personnes atteintes, mais l’algue invasive d’origine japonaise (cette fois la Chine est innocente) qui dégage une odeur nauséeuse en pourrissant, se répand chaque été ou presque sur les fonds marins des Calanques. Un phénomène qui intervient lors des grandes chaleurs et dans des profondeurs peu importantes partout en Méditerranée. <