La non-prise de conscience des citoyens qui ne font jamais appel à des professionnels pour l’installation et l’entretien des équipements est souvent pointée du doigt. Le monoxyde de carbone qualifié de « tueur invisible » continue de faire des victimes et chaque hiver, la liste s’allonge.

Les dernières victimes, au nombre de quatre, ont été enregistrées, mercredi soir, dans la wilaya de Annaba. Les chiffres de la Protection civile font froid dans le dos. Quarante et une personnes sont ainsi décédées, au 29 janvier dernier, suite à l’inhalation du monoxyde de carbone (CO1) émis par des appareils de chauffage. Durant ces périodes de froid, les ménages ont recours au gaz pour se réchauffer et dans les localités ou à l’intérieur des constructions qui ne sont pas encore reliées au réseau de gaz naturel, on y utilise, généralement du gaz butane. Les raisons sont multiples. En plus du non-respect des mesures de prévention, sur lesquelles insistent régulièrement les campagnes de sensibilisation, les mauvaises installations et surtout les produits contrefaits sont, dans la plupart des cas à l’origine de ces accidents. Sur nos marchés où l’on déverse toutes sortes de produits et en absence de contrôle rigoureux, le consommateur est souvent exposé à la contrefaçon. Aucun produit n’est épargné par cette activité frauduleuse. En plus des appareils de chauffage à gaz, chauffe-eau, cuisinières…, les détendeurs, ce mécanisme utilisé pour faire passer un gaz stocké dans une bonbonne de gaz vers un étage de pression inférieure, sont contrefaits. Les vendeurs s’en lavent les mains et pointent du doigt le manque de contrôle des produits importés. « Nos fournisseurs nous rassurent sur la qualité de ce genre de produits, mais on ne peut pas donner de garanties aux consommateurs», avoue un commerçant. Il explique qu’en absence de contrôle, il est pratiquement impossible de déceler les produits contrefaits. L’ampleur de ce problème qui cause la mort des usagers n’a pas laissé Naftal indifférente. L’entreprise de commercialisation et de distribution des produits pétroliers et dérivés a lancé sur le marché des « détendeurs de qualité avec un système de sécurité qui répond aux normes internationales». « Les détendeurs contrefaits sont généralement sources d’accidents domestiques », affirme la chargée de communication à la branche GPL de Nafltal, Mme Sihem Bouguaroua, dans une déclaration à la Chaîne III. Ce produit sur lequel est inscrit le logo Naftal est commercialisé au niveau de toutes les stations de l’entreprise. La sensibilisation quant à tous ces risques est l’un des objectifs tracés par la Protection civile. «Les services de la Protection civile comptent intensifier l’action de proximité et les initiatives de sensibilisation », nous a assuré récemment le colonel Farouk Achour, sous-directeur des statistiques à la DGPC.