Par Sihem Bounabi
Interpellée, jeudi dernier, à son domicile, Fatiha Briki, enseignante universitaire à la retraite et membre actif du Comité national pour la libération des détenus CNLD), est toujours en détention provisoire, suite à la prolongation de sa garde à vue, a annoncé sur sa page officielle le CNLD qui dénonce son arrestation «arbitraire» et réclame «sa libération immédiate».
La famille de la militante du Hirak Fatiha Briki a également appelé à sa libération immédiate dans un communiqué diffusé samedi 19 juin. Signé par le fils de l’universitaire, Nassim Azzi, au nom de toute la famille, il est souligné dans le communiqué que «jeudi 17 juin 2021, nous avons appris à travers les réseaux sociaux que notre mère, sœur et tante Fatiha Briki a été́ arrêtée à son domicile après perquisition. Nous n’avons eu aucune nouvelle d’elle jusqu’à aujourd’hui, le samedi 19 juin». La famille se dit ainsi «choquée par l’injustice extrême dont cette femme, à la bonté́ et à la générosité́ exemplaires, est victime», rappelant que Fatiha Briki a passé sa vie à œuvrer pour le bien de son pays et venir en aide à ses concitoyens, sans distinction aucune». Tout en soulignant que «le bien-être de son pays est, et a toujours été, la priorité de chaque instant de sa vie».
Le CNLD rappelle que Fatiha Briki, avocate connue et militante de la première heure des droits de l’Homme, a de tout temps soutenu et défendu tous les prisonniers d’opinion. Egalement membre active du Comité contre la torture, Fatiha Briki avait, pour rappel, défendu les détenus du 5 Octobre 1988 et les militants pour la cause amazighe depuis le Printemps berbère. Il est mis en exergue que le combat pour les libertés démocratiques, elle l’avait hérité de son père, Yahia Briki, qui faisait partie d’un commando, doublement condamné à mort en 1958 et en 1959 par l’armée française et ancien rédacteur à Alger Républicain. C’est, forte de cet héritage que la famille de Fatiha Briki affirme dans son communiqué qu’«elle est un exemple d’humanité́, de droiture et d’honnêteté́, tout comme étaient ses parents qui ont donné leur vie pour l’Algérie».
La famille de la militante a tenu à remercier les milliers de citoyens «pour ce formidable élan de solidarité qui réchauffe le cœur». Exigeant sa libération immédiate et sans condition, la famille de Fatiha Briki affirme que «sa place n’est pas dans une cellule au niveau des locaux de la police, mais auprès de sa famille et des gens qui l’aiment. Rien ne la retient chez la police, elle n’a rien commis d’illégal», a conclu la famille.