La fin du monopole d’Algérie Télécom sur les services d’Internet se dessine. Elle se précise de plus en plus, comme prévu d’ailleurs dans l’avant-projet de loi relatif aux règles générales relatives à la Poste et aux Communications électroniques, examiné et approuvé le 28 décembre dernier, en Conseil des ministres.

La ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication l’a confirmé hier lors de son intervention sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale.

« Le marché est théoriquement ouvert. Sauf que les mécanismes permettant son ouverture ne sont pas là », a, en effet, indiqué Imane Houda Faraoun. « Algérie Télécom aujourd’hui n’est pas dans l’obligation d’ouvrir sa boucle locale. Par contre, le projet de loi qui a été soumis permettrait de mettre en place le dégroupage comme obligation pour Algérie Télécom.
Ce qui a été fait dans tous les pays qui ont développé leur réseau », a explicité la ministre, sans toutefois avancer une quelconque échéance quant à l’entrée en vigueur de la future loi sur les télécoms. Abordant la question de la 4G en cours de déploiement, Imane Houda Faraoun a précisé que « partout où vous l’essayez, c’est du très haut débit ». Par contre, a-t-elle ajouté, si vous transitez sur une zone où il n’y a pas la 4G, vous « basculez automatiquement sur la 3G ». A ses dires, la 4G est « une solution d’appoint ». « Aucun pays n’a déployé la 4G sur 100% du territoire. Les cahiers des charges obligent l’opérateur à la déployer sur 10% de la surface de la wilaya. A défaut, l’opérateur ne sera pas autorisé à se redéployer sur une autre wilaya », a justifié la ministre, relevant qu’en termes d’investissement, ce n’est pas grand-chose pour les opérateurs mobiles qui « réalisent des chiffres d’affaires et des résultats extraordinairement élevés ». Quant à la qualité de l’Internet qui laisse souvent à désirer, la ministre des PTIC a promis « du vrai haut débit et sera éligible aux 100 mégas ». Pour ce faire, elle a fait part d’un investissement de 27 milliards de dinars en 2017 par Algérie Télécom pour améliorer la qualité des services Internet offerts aux usagers. Autre sujet abordé, disposant de l’un des plus importants réseaux des télécommunications du continent africain, après ceux du Nigeria et de l’Egypte, l’Algérie ambitionne de l’étendre aux pays du centre de l’Afrique. Un projet autour duquel va avoir à discuter, aujourd’hui, la Conférence d’Alger sur la gouvernance de l’Internet. La ministre de la Poste et des Technologies de l’information et des communications a estimé que le moyen de rentabiliser l’internet consiste à faciliter son extension vers les pays d’Afrique, en tenant compte que les télécommunications sont appelées à devenir un secteur des plus importants « dans les deux ou trois décennies à venir ». Pour étayer ses dires, Mme Imane Houda Faraoun a rappelé que sur les quelque 1,2 milliard d’habitants, « moins de 300 millions, sont connectés ». « Faciliter l’introduction des technologies de l’information dans les foyers africains représente un acte politique autant qu’économique», a-t-elle soutenu. Selon elle, continuer à développer le réseau des TIC dans le pays « coûte énormément cher », d’où l’idée de le déployer vers le cœur de l’Afrique et de permettre au plus grand nombre de ses habitants d’avoir accès à la bande passante et à une couverture satellitaire à prix réduit, avec en contrepartie, des incidences économiques certaines pour l’Algérie.
« A un premier stade, ce sera au groupe d’Algérie Télécom, avec toutes ses filiales, qu’échoira la mission de pénétrer le marché africain. Suivi en cela par tous les opérateurs qui voudraient le suivre sur cette voie », a explicité la ministre.