Les étudiants l’ont testé pendant le confinement : se connecter pour des cours à distance requiert beaucoup de temps et une patience à toute épreuve sans garantie de résultat… Pour les autres, l’utilisation d’internet à titre professionnel ou pour un usage personnel peut provoquer une crise de nerfs en raison de la lenteur du débit. L’opérateur historique, Algérie Télécom, évoque un réseau en chantier de rénovation et de modernisation, alors que les abonnés se multiplient par millions.

En effet, les chiffres sur le nombre d’abonnés à internet, rendus publics par l’Autorité de régulation de la Poste et des Communications électroniques (ARPCE), sont venus démontrer une nouvelle fois qu’aussi bien la connexion au réseau fixe qu’au mobile ne cesse de gagner de l’espace chez les Algériens. Internet est, en effet, partout à travers le pays, dans les foyers, les entreprises et partout ailleurs où les opérateurs sont en train d’étendre leurs réseaux 3G et 4G.
Cette avancée témoigne des progrès réalisés en matière d’infrastructures de télécommunication et en connectivité. Ce qui semble toutefois insuffisant pour fournir une connexion de qualité et à la dimension des attentes des abonnés, qu’ils soient responsables d’entreprise ou particuliers. Entre pannes et coupures récurrentes, très faible débit et cherté des abonnements, l’internaute algérien ne sait plus à quel saint se vouer, alors que de leur côté, les opérateurs affichent sans gêne leur seul souci de prestataires en quête de bonification de leurs chiffres d’affaires et ne font preuve d’aucune volonté d’améliorer leur service, estime-t-on.
Invité récemment à l’émission «52 minutes-économie», diffusée par la chaîne Ennahar TV, le PDG d’Algérie Télécom, Karim Bibi Triki, a affirmé que la vétusté du réseau constitue la principale cause des coupures et des perturbations que connaît le réseau internet dans notre pays. Ce qui a poussé Algérie Télécom à lancer, depuis la fin de l’été dernier, un programme spécial de modernisation, de normalisation et de développement en recourant à la fibre optique, a-t-il rappelé, expliquant que plus cette technologie s’étendra, moins il y aura de pannes.
Une chose est certaine, les responsables concernés sont plus que jamais interpellés par cette situation catastrophique qui vaut à l’Algérie le bas du classement mondial du débit internet. Pour l’internet fixe, elle avait même été classée avant-dernière, l’année écoulée, sur 139 pays testés, alors que pour l’internet mobile, elle avait occupé la 173e position sur 176 pays testés.
Les choses évoluent de la sorte alors que les pouvoirs publics sont en train de mettre le cap sur la digitalisation et la numérisation pour la relance socio-économique. Une mission sans doute impossible à réaliser dans cette configuration qui dure depuis des années, sinon depuis qu’internet a fait son introduction en Algérie.
Fin août dernier, une énième coupure internet avait d’ailleurs fait sortir de ses gonds le président de la République. Lors d’un Conseil des ministres, Abdelamdjid Tebboune avait appelé le ministre de la Poste et des Télécommunications à «définir les facteurs nuisibles et soumettre le dossier au Conseil des ministres si le besoin se fait sentir» afin que le problème de connectivité Internet soit résolu, car «l’Internet est une condition essentielle pour l’aboutissement du processus en cours de numérisation de l’Etat et de la société», avait-il insisté. Moins de deux semaines plus tard, le ministre de la Poste et des Télécommunications annonçait la connexion du réseau à un nouveau câble sous-marin de fibre optique pour le mois d’octobre. Il s’agit de la 4e infrastructure télécoms à haut débit à laquelle allait s’arrimer le pays. «Ce câble viendra renforcer les capacités data déjà détenues par le pays à travers les trois câbles, qui sont opérationnels et exploités, à savoir le Sea-Me-We 4, le Medex reliant, depuis Annaba, le réseau Internet algérien de fibre optique au réseau international reliant les Etats-Unis d’Amérique à l’Asie et l’Orval/Alval reliant Alger, Oran et Valence en Espagne», avait expliqué le ministre. Un renfort que ne ressentent pas encore les abonnés d’internet. Bien au contraire.
Pour rappel, dans un rapport consacré à l’évolution du marché de l’Internet fixe et mobile dans le pays, l’ARPCE a dénombré près de 42 millions d’abonnés au réseau internet, entre fixe et mobile, en Algérie, au 3e trimestre de 2020. Ce nombre est largement dominé par les abonnés au réseau mobile, 3G/4G qui comptabilise 38 069 773, contre 36 546 458 durant la même période de 2019, en hausse de 4,17%, en une année, alors que l’internet fixe (ADSL, fibre FTTH et 4G LTE/Wimax) a atteint 3 730 931 abonnés entre juillet et septembre derniers, soit une évolution de 6,49%, souligne l’ARPCE, avant de préciser que ce dernier réseau compte 2 454 574 abonnés à l’internet haut débit (ADSL), 59 750 à la fibre optique jusqu’au domicile (FTTH), 1 216 164 à la 4G LTE fixe et 443 à la technologie Wimax. <