Le débit internet minimum en Algérie sera augmenté à court terme, a annoncé le ministre de la Poste et des Télécommunications, précisant que l’objectif à travers cette opération est d’atteindre un débit de 4 à 8 mégas, contre 2 mégas actuellement. «Nous allons augmenter le débit internet minimum. L’objectif à court terme est d’arriver à un débit minimum de 4 à 8 mégas pour que le citoyen puisse accéder à des services à valeur ajoutée comme la VOD (Video On Demande) et la vidéo haute définition», a indiqué hier Brahim Boumzar dans un entretien avec l’APS.
Cette augmentation est devenue «une nécessité» imposée par une consommation croissante de la bande passante dans le pays, a reconnu le ministre. Il a estimé que la baisse de 50% opérée par l’opérateur Algérie Télécom sur ses offres ADSL n’a pas suffi à convaincre suffisamment d’abonnés de monter en débit. Et pour cause, «le citoyen accédait, par le passé, à des débits non garantis à un prix onéreux», ce qui l’avait découragé d’opter pour un changement de formule pour plus de mégas, a reconnu l’intervenant.
En effet, il n’est un secret pour personne que lorsqu’un consommateur paye un abonnement ADSL pour 8 mégas, il a droit, dans le meilleur des cas, à une prestation divisée au minimum par trois, vu le très faible débit qui l’accompagne. Dans ce sens, «j’ai demandé à Algérie Télécom d’adopter une politique commerciale incitative pour amener les abonnés à migrer vers des paliers supérieurs», a déclaré le premier responsable du secteur, soulignant que l’opérateur «doit rassurer le citoyen en lui offrant le service demandé avec un débit réel et stable».
Ce qui n’est pas le cas à ce jour, et le débit d’internet en Algérie continue à inscrire le pays parmi les cancres dans le classement planétaire. Les ministres et les hauts responsables d’Algérie Télécom se succèdent à la tête du secteur, escortés par des engagements restés sans concrétisation.
Une situation sur laquelle a été encore interrogé M. Boumzar. Il dira «comprendre les désagréments causés aux consommateurs» et répètera que son département a «mis tous les moyens pour régler cette situation à travers la modernisation, en cours, des infrastructures du secteur des TIC». Il reviendra, à l’occasion, sur les «actions majeures» entreprises par les pouvoirs publics pour consolider la bande passante internationale avec la mise en service, fin 2020, du câble sous-marin en fibre optique Orval/Alval, d’une capacité pouvant atteindre les 40 Térabits, soit près de 20 fois les besoins actuels du pays», a-t-il cité, précisant qu’à ce nouveau câble s’ajoutent 3 autres liaisons sous-marines déjà en exploitation.
Le câble en fibre optique avait, en effet, été annoncé comme solution à la lenteur du débit internet qui devait se manifester chez l’abonné dès la fin du mois de décembre dernier et tout début de janvier courant. Et c’est le même ministre qui avait rassuré sur cette échéance. «Les citoyens vont constater, à partir de la fin de ce mois et le début du mois prochain, une nette amélioration de la qualité du réseau téléphonique et du débit internet», avait-il affirmé le 27 décembre lors de son passage sur Chaîne I, expliquant que son département avait procédé à la mise en place de nouvelles stations de diffusion appelées «High Points», et dont «les résultats apparaîtront dans quelques jours», avait-il promis. Hier, M. Boumzar a confirmé à l’APS que le système de câble sous-marin à fibre optique Orval/Alval, était en exploitation «effective» depuis le 31 décembre 2020, mettant le retard dans son lancement sur «des contraintes d’ordre juridique, financier, administratif et technique».
«Le test était concluant et nous avons commencé l’exploitation de ce système par une capacité initiale de quelques centaines de Gigas pour l’augmenter progressivement», a-t-il expliqué, ajoutant que le flux entrant et sortant passe actuellement par les deux stations d’Alger et d’Oran. Sauf qu’à défaut d’être entamée par la «nette amélioration» promise, la nouvelle année a été vécue au rythme déstabilisant de nouvelles perturbations chez les abonnés, particuliers et entreprises confondus. Nous pouvons citer sur ce registre le cas des APC d’Alger où le citoyen a été privé pendant près de 24 heures de documents d’état civil et autres pour panne de réseau. Une situation qu’Algérie Télécom a justifiée par une opération de maintenance de quelques jours sur le câble sous-marin SeaWeMe4. n