Le nombre d’utilisateurs de l’Internet mobile 3G en Algérie a doublé en deux ans, passant de 50% en 2014 à 99% en 2016 à la faveur du large déploiement du haut débit dans le pays. C’est ce que révèle une étude réalisée par ConsumerLab d’Ericsson sur les usagers des nouvelles technologies en Algérie.

L’étude, effectuée auprès d’un échantillon de 1 000 personnes de 6 grandes villes d’Algérie – Alger, Blida, Constantine, Sétif, Oran et Ouargla, montre une explosion de l’utilisation de la 3G. ConsumerLab identifie ainsi quatre grands groupes d’utilisateurs de la 3G : les «Power Users» ou gros consommateurs, les «Medium Users», les «Light Users» et les «Non Users». Selon l’étude, les Power Users représentent 11% de la population sondée dont l’âge varie entre 15 et 29 ans. Ces derniers estiment important d’accéder à Internet où qu’ils soient ayant ainsi accès à l’apprentissage et aux opportunités d’emploi. Ils y voient aussi le meilleur moyen d’être en contact avec leurs proches. Les Medium Users (17% de la population sondée) forment, quant à eux, une catégorie à majorité féminine dont l’âge varie entre 20 et 39 ans, note l’étude, ajoutant que cette frange d’utilisateurs estime que l’Internet favorise l’apprentissage et donne des opportunités d’emploi. Selon l’étude, ces utilisateurs ont une perception plutôt négative de l’usage d’Internet qui conduit, selon eux, «à une dépendance et affecte les relations». Les Light Users (44%), eux, représentent la plus importante catégorie des utilisateurs d’Internet (hommes et étudiants pour la plupart) avec un âge moyen entre 15-19 ans et 30-34 ans, selon l’étude, qui explique que pour ce groupe, l’Internet permet de rester en contact avec les amis et proches. Enfin, les Non Users (28%) sont essentiellement les personnes actives dont l’âge moyen est compris entre 35-59 ans et à majorité féminine, relève ConsumerLab, pour qui ce faible taux d’utilisation de la 3G est dû essentiellement à des considérations culturelles qui influencent leur perception. L’étude du ConsumerLab note également, à partir du comportement des consommateurs en fonction de leur âge, profil social et genre, «une nette augmentation des détenteurs de Smartphones, qui sont passés de 27% en 2014 à 68% en 2016», ajoutant que la disponibilité des tablettes dans un ménage est passée «de 21% à 58%, celle d’une ligne fixe de 53% à 64% alors que celle des ordinateurs de bureau ou portables reste presque au même niveau à 79% contre 78%». L’étude estime que les activités qu’effectuent les internautes sur tous les outils de connexion «ont considérablement augmenté sur deux ans». «Les hausses les plus marquées étant celle des services bancaires en ligne passant de 9% à 49% en 2016, des achats en ligne de 10,5% à 52%, la navigation et cartographie en ligne de 18% à 61%, alors que la progression reste modérée pour ce qui concerne les réseaux sociaux passant de 65% à 82%, la messagerie instantanée de 54% à 85% et les appels vocaux de 55% à 87%», ajoute l’étude. Elle note, par ailleurs, «un engouement marqué» pour la consommation de la vidéo en Algérie, estimant la durée moyenne consacrée à la lecture des vidéos par jour pour un utilisateur d’internet mobile et fixe à 3 heures et 39 minutes. S’agissant de la 4G, l’étude fait ressortir que les utilisateurs montrent une «disposition accrue» à consommer davantage avec des activités à forte intensité de données comme les appels vidéo qui connaîtront une hausse de leur utilisation de près de 19%, une augmentation de l’utilisation des réseaux sociaux de 18%, des appels Internet de 15% et enfin la messagerie instantanée de 13%. Il y a lieu de savoir que sur les 47 millions d’abonnés à 2016, 20,36 millions sont des abonnés au réseau GSM, soit 43,28%, 25,21 millions sont abonnés au réseau 3G, soit 53,60% et 1,46 million d’abonnés au réseau 4G, soit 3,11%.