Par Nadir Kadi
Le ministre de la Poste et des Télécommunications Karim Bibi Triki a souligné, hier, que l’un des principaux chantiers de son secteur, dans le cadre de la «la transformation numérique et la numérisation en général», était aujourd’hui de renforcer et d’améliorer la gamme des offres de connexion internet, fixe et sans fil.
Le responsable, questionné par la Chaîne III, a déclaré que pas moins de «6 millions de foyers devraient être connectés à l’internet d’ici à 2024, soit plus des deux tiers des foyers algériens». Des abonnés qui bénéficient déjà en partie des connexions reposant sur la fibre optique, avant la généralisation de ce type de réseau.
En effet, un projet qui a été défini, par Karim Bibi Triki, comme l’un des éléments clé du plan du gouvernement pour la mise en œuvre des engagements du président de la République. Le ministre, qui explique en substance que l’objectif de numérisation est devenu un impératif économique, a en ce sens déclaré : «Les services TIC sont devenus essentiels (…), nous en sommes conscients. Nous avons mis en place une feuille de route autour de laquelle nous avons fédéré tous les acteurs concernés.»
Concrètement, il s’agit pour le secteur de connecter à internet «ceux qui ne le sont pas encore», a ajouté le ministre. «Nous ciblons d’ici à la fin 2024 la connexion à l’internet fixe des deux-tiers des foyers. Cela permettra de passer de 3,5 millions d’abonnés en début 2020 à près de 6 millions de foyers connectés à l’internet fixe». Une montée en force du réseau «internet fixe» qui devra se faire en parallèle du renforcement de l’internet mobile. «Nous continuons aussi le développement de l’internet mobile sur l’ensemble du territoire en parallèle de la finalisation de déploiement de la 4G», a-t-il indiqué.
Quant à la nature des nouvelles infrastructures que souhaite développer le secteur des postes et télécommunication, le ministre affirme que «notre deuxième axe est également d’améliorer la connexion de ceux qui sont déjà abonnés (…) A ce titre, l’action prioritaire est le déploiement de la fibre optique (FTTH). En fin 2020, il y avait 72 000 foyers raccordés grâce au réseau FTTH, aujourd’hui, leur nombre est plus de 450 000. Nous espérons dépasser les 500 000 d’ici la fin de l’année».
Pour rappel, les abonnés au réseau FTTH peuvent déjà bénéficier de connexions «plus rapides» allant jusqu’à 100 Mégabit par seconde (Mbps), «voire plus à l’avenir». Par ailleurs, le réseau internet existant, usant des lignes classiques «câbles en cuivre» devrait également bénéficier d’un plan «graduel de migration». A ce titre, et bien qu’aucun délai n’a été communiqué, le ministre a salué le travail de son secteur en soulignant que le résultat «intermédiaire» en ce qui concerne l’amélioration de la connexion internet est déjà «encourageant (…) Mais nous n’avons pas encore atteint nos objectifs. Et nous sommes conscients que certains citoyens n’ont peut-être pas encore perçu cette amélioration».
Les projets de modernisation du réseau internet algérien restent toutefois tributaires de la qualité de sa connexion avec le reste du monde. Le ministre explique à propos du réseau de transport international : «C’est un réseau mondial (…) Au début de l’année 2020 nous avions une bande passante internationale de 1,45 Térabit par seconde (Tbit/s) et, aujourd’hui, nous sommes au double de cette capacité». Cette augmentation importante, réalisée en moins de deux ans, devrait se renforcer dans les prochaines années par de nouveaux projets de raccordement. Karim Bibi Triki annonce en ce sens : «Dans le cadre du plan d’action du secteur, nous avons le projet d’optimiser les capacités de câbles sous-marins existant, avec notamment une première opération d’extension qui ajoutera aux 5 Tbit/s aux capacités existantes (…) soit à la fin de l’année une capacité totale de 7,8 Tbit/s par seconde sur l’ensemble des câbles».
Quant aux projets de nouvelles connexions internationales, le ministre a également fait savoir, hier, que le pays devrait adhérer à de nouvelles liaisons sous-marines, à la fois pour augmenter ses capacités, mais aussi pour «remplacer les liaisons arrivées en fin de vie». Et dans le détail, il est rappelé que l’Algérie est actuellement reliée au réseau mondial à travers quatre câbles, «trois principaux en plus d’un ancien câble d’une faible capacité (…) avec différentes routes en point d’atterrissage». Quant aux «nouveaux» projets, il s’agit notamment de «l’adhésion a une liaison, puis à d’autres à l’avenir (…), l’objectif est la sécurisation du réseau par la diversification des routes, mais aussi de renforcer la bande passante». <