Le communiqué sanctionnant les travaux du Conseil des ministres, réuni dimanche par visioconférence, sous la présidence du Président de la République Abdelmadjid Tebboune, a été des plus clairs. Il n’y a plus de nuances ni de tons, mais plutôt des ultimatums lancés par le Président à l’endroit de plusieurs de ses ministres dont le département est caractérisé par des manques flagrants d’efficacité et de rendements à même de faciliter la vie de tous les jours du citoyen.
Le président Tebboune a instruit donc le ministre et son ministère de la Poste et des Télécommunications «de venir à bout, immédiatement» du problème du débit d’Internet, lui donnant un ultimatum avec un rapport détaillé sur ce dossier. Un ton ferme et solennel, car le débit d’Internet en Algérie est sujet à moquerie non seulement sous nos latitudes, mais aussi au-delà, quand on sait que des pays nettement moins nantis disposent d’une vitesse de connexion et de téléchargement bien supérieure. Les récents déboires des utilisateurs de la toile depuis plus d’une semaine ont sans doute exaspéré un Président qui ne voit pas venir d’améliorations dans le domaine. Les travaux sur les câbles d’Annaba vers l’Italie ou ceux d’Oran vers l’Espagne ne seront plus donc une excuse.
Internet n’étant pas uniquement une «chose» ludique, on ne le répétera jamais assez, le Président de la République a aussi exhorté son ministre à «accélérer le processus de numérisation des secteurs et départements ministériels». Un besoin essentiel en vue «d’un raccordement entre ces derniers pour leur permettre d’échanger les données et de rattraper le retard enregistré en matière de numérisation de départements vitaux». Le Président a notamment insisté sur ce point nodal, l’approche économique, la nouvelle, qu’il prône depuis son élection le 12 décembre dernier.
Le président Tebboune insistera aussi sur l’exploitation de la numérisation pour le recensement des richesses nationales, afin de mieux cerner les potentialités et les besoins, car, «les statistiques disponibles ne sont pas souvent exactes». Il reviendra sur l’intérêt de la Numérisation et les Statistiques «bases de toute stratégie efficiente et outil facilitant sa mise en œuvre par le gouvernement».
L’informatique sera de même un outil très efficace «pour lutter contre la bureaucratie et la corruption et faire face aux manœuvres tendant à maintenir l’opacité dans la gestion de l’économie nationale», soulignera le président Tebboune lors du Conseil des ministres par visioconférence.
Le même ultimatum sera adressé au ministre des Ressources en eau par le Président de la République. Une semaine lui a été accordée «pour trouver une solution définitive aux perturbations et suspensions de l’alimentation en eau dans certaines wilayas», pour ne pas dire toutes. Un problème qui a fait sortir les populations de plusieurs villes de leurs gonds et dans la rue pour réclamer une meilleure distribution et surtout mettre un terme au cauchemar des coupures d’eau et de la cohorte de stress et de jerricans qui suit. La crise de l’eau qui a été qualifiée par le Président de la République, dans un de ses discours, il y a quelques jours, de «complot», au même titre que d’autres manquements, est une priorité pour mettre le doigt sur les failles qui caractérisent le secteur, d’autant que l’Etat n’a jamais lésiné sur les moyens mis en œuvre pour que les robinets secs ne soient plus qu’un mauvais souvenir.
Si les moyens existent, le Président a aussi fait remarquer dans son discours passé les dysfonctionnements du département de l’hydraulique ainsi que le facteur humain à l’origine du flop qui caractérise la gestion de l’eau.
En somme, ce sont deux ministères, Poste et Télécommunications et Ressources en eau, qui sont désormais sur la sellette, sommés dans un délai très court de trouver des solutions dans des secteurs qui ont engendré moult problèmes. n