Il sera à In Guezzam, foyer d’une polémique sur des migrants arabes, où il procédera à l’inauguration d’un centre d’accueil pour migrants…

Le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales se rend aujourd’hui à Tamanrasset pour superviser et lancer plusieurs projets d’intérêt général. M. Noureddine Bedoui, qui sera accompagné d’au moins trois ministres, commence ainsi l’année 2019 par une visite dans une région-frontière du pays, connue pour ses atouts économiques et touristiques mais également pour l’afflux de migrants subsahariens. Sur place, le ministre de l’Intérieur doit d’ailleurs procéder à l’ouverture à In Guezzam d’un centre d’accueil pour migrants ainsi qu’à l’inauguration d’une nouvelle installation pour la police des frontières.
De sa visite, il ne sera cependant pas question uniquement de migration et de sécurité aux frontières, mais de projets socio-économiques également.
Le ministre de l’Intérieur, qui sera accompagné du ministre des Travaux publics et des Transports, lancera le projet d’une route nationale de 207 km reliant Tin-Zaouatine à Silet.
Il aura à inaugurer un groupement scolaire, un poste avancé de la Protection civile, un centre de formation professionnelle ainsi qu’une piscine à Tin-Zaouatine. Avec les ministres de la Santé, Mokhtar Hasbellaoui, et du Commerce, Saïd Djellab, il devra inspecter à In Guezzam les installations aéroportuaires, lancer un projet de base logistique pour développer les exportations, un lycée et une piscine couverte, ainsi que l’octroi d’ambulances à des entreprises publiques de santé de proximité. La délégation prévoit de se déplacer également à In Salah pour des projets d’intérêt général. L’inauguration d’un centre d’accueil pour migrants à In Guezzam intervient en plein débat sur les « migrants arabes » expulsés vers le Niger. Pour la présidente du Croissant-Rouge Algérien (CRA), Saiïda Benhabylès, « la décision des pouvoirs publics algériens est basée sur une enquête fondée et non arbitraire. Les concernés pour lesquels je refuse aussi l’utilisation de l’humanitaire pour des fins de déstabilisation ». Selon Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne de la défense des droits de l’homme, présidée par Hocine Zaouane, « cette affaire reste marquée par une guerre de communiqués lancée par des associations sur des informations que nous n’avons pas pu vérifier. Véritablement, elle pose le problème de l’absence d’une politique de l’immigration de façon générale. Il y a quelques mois, on parlait de l’élaboration d’un cadre juridique clair pour l’immigration, mais aucune évolution n’a été enregistrée sur ce plan. En ce qui nous concerne, on insiste sur le respect de la loi et de la dignité humaine tandis que pour les questions sécuritaires, cela relève des services compétents de l’Etat ». Pour Farouk Ksentini, avocat et ex-président de la Commission nationale consultative pour la protection et la promotion des droits de l’homme (Cncppdh), l’Etat est parfaitement dans son droit de défendre ses frontières quand la question de la sécurité est posée ». Pour autant, « cela m’étonnerait pas qu’il y ait eu détention et expulsion arbitraires de la part des autorités », s’agissant de la centaine de Syriens, Palestiniens et Yéménites retenus à In Guezzam le 26 décembre dernier, étape d’une visite aujourd’hui du ministre de l’Intérieur. Pour Maître Ksentini, le jugement du HCR qui s’est dit « préoccupé » a été hâtif et peu motivé par des informations vérifiées et vérifiables.