La 26e Foire de la production algérienne intervient quelques jours à peine après l’annonce de la suppression du système des licences d’importations, entrée en vigueur en 2016. En effet, le ministre du Commerce, Mohamed Benmeradi, a indiqué mardi dernier que ce système sera supprimé en 2018

, expliquant le système de licences d’importations a non seulement « montré ses limites » mais qu’il s’agit aussi d’un système « bureaucratique » et « manquant de transparence » sans compter qu’il a engendré parfois des problèmes d’approvisionnement.

Pour remplacer le système des licences d’importations, le ministère du Commerce interdira à l’importation dès le début de l’année prochaine une liste de 900 produits. En effet, une disposition introduite dans le texte de loi de finances 2018 prévoit de fixer, par un décret exécutif, une liste de près de 900 produits dont l’importation sera suspendue provisoirement, selon le cas, sur le court ou moyen terme, avait détaillé mardi le ministre du Commerce. Objectif : « protéger la production nationale et éviter une nouvelle envolée de la facture d’importations ». Interrogés sur cette décision, des exposants à la FPA 2017 la saluent majoritairement car, « le mécanisme des licences d’importation a conduit à une augmentation des prix, une perturbation du marché, des monopoles pour des personnes proches des centres de décision », accuse le représentant d’une entreprise qui active dans l’agroalimentaire. « Nous avons constaté la fermeture de beaucoup d’entreprises, faute de matières premières et d’intrants à la production », poursuit notre interlocuteur, non sans rappeler que cette situation a mené à des « pertes d’emplois ».
Pour sa part, une représentante d’une entreprise de conserverie privée, considère que la nouvelle orientation du gouvernement « encouragera inévitablement la production nationale », même si « des investissements seront nécessaires pour faire face à la demande nationale », précise-t-elle. Pour sa part, une responsable « trade marketing » au sein d’une importante entreprise d’électroménager dira qu’«indirectement, et sur certains produits, les licences d‘importation ont effectivement impacté notre secteur », Cependant, « la majorité de nos produits sont fabriqués localement, avec un taux d’intégration de 80% pour certaines machines-à-laver », précise-t-elle.
Concernant l’instauration de taxes intérieures à la consommation (TIC), à la place des licences, qui pourrait avoir comme effet la dissuasion des commerçants à importer en grande quantité et une consommation moindre des citoyens à cause des prix qui devraient grimper, un responsable marketing d’une célèbre enseigne de détergents espère que cette procédure « ne va pas encourager l’importation cabas ». Sur un ton ironique, il estime que ce type de transaction « pose comme risque l’arrivée de produits impropres à la consommation, faute de contrôle, une augmentation des prix et l’anarchie ».
Pour rappel, la mesure d’interdiction d’importation concernera une liste de 45 familles de produits finis, constituée essentiellement de biens et de marchandises qui ne sont pas de large consommation ou de produits pour lesquels les besoins du marché national sont couverts par la production locale. La facture d’importation de ces produits s’est établie à 1,5 milliard de dollars durant les 10 premiers mois de 2017, selon Mohamed Benmeradi, qui a, par ailleurs, évoqué l’élargissement de la liste des marchandises soumises à la Taxe intérieure de consommation (TIC), au taux de 30%, à 10 familles de produits finis ainsi que le relèvement des droits de douanes, pouvant atteindre 60% pour 32 familles de produits finis. L’objectif de l’Etat étant le rééquilibrage de la balance des paiements dont le solde global, rappelle-t-on, a affiché un déficit de 11,06 milliards de dollars au premier semestre 2017 contre un déficit de 114,61 milliards de dollars au même semestre de 2016.
R. A