Ce deuxième millénaire a, entre autres, une spécificité, celle de « lancer » un événement majeur à chaque début de décennie. En 2001, il y a eu les attentats du 11 septembre, 10 ans après, c’était le « printemps arabe », et donc, que nous réserve 2021 ? La question s’impose à tous les pays, sans exception, et l’Algérie ne pourra être épargnée par les bouleversements attendus. C’est même une évidence sauf pour ceux qui ne veulent pas ouvrir les yeux. Encore une fois, il faut bien se le rappeler, l’Algérie n’est pas une île isolée.
Avant d’aborder la nouvelle ère déclenchée par la Covid-19, il y a d’abord la situation chaotique à nos frontières, quasiment toutes nos frontières. A l’Est, la Libye reste toujours un territoire instable, où l’insécurité règne toujours sans qu’aucune solution concrète ait pu être trouvée. Le « printemps arabe » sous l’égide de l’Otan est passé par là, et 10 ans après, le pays reste toujours dévasté.
Aux frontières Sud, le Niger et le Mali demeurent toujours des pays vulnérables. La violence y est régulière, et plus le temps passe, plus le désespoir gagne du terrain. Terrorisme et forces étrangères (surtout française et américaine) cohabitent dans des conditions de plus en plus étranges, et le tout, au détriment des populations de la région.
C’est du côté Ouest que vient le danger le plus récent. La montée au créneau du Maroc avec ses agressions contre les Sahraouis et la normalisation de ses relations avec l’entité sioniste a totalement chamboulé les données dans la région. Le royaume chérifien a réussi à transposer la tension du Moyen-Orient au Maghreb. En impliquant ouvertement Washington et Tel-Aviv (sous l’égide de Jared Kushner, le gendre et conseiller de Donald Trump) dans le dossier de la décolonisation du Sahara occidental, le Maroc, croyant résoudre un conflit, s’est plutôt offert des problèmes, qui risquent de l’éclabousser, lui et d’autres pays.
Cependant, l’Algérie ne dépend pas uniquement de ce qui se passe à ses frontières, et la mondialisation a accentué cette interdépendance. D’ailleurs, dès ce début de l’année 2021, il faut rester à l’affut de ce que va donner le sommet des pays du Golfe prévu ce 5 janvier et qui va vraisemblablement faire oublier les tensions qui datent de plus de trois ans entre le Qatar et les alliés de l’Arabie saoudite. L’éventuelle union des monarchies est une exigence américaine pour concrétiser le projet (qui est en phase finale), celui de créer un front arabe, sous commandement « israélo »-US, pour affronter l’Iran. Tout va s’éclaircir dans quelques jours. C’est qu’il ne faut pas oublier que Donald Trump est toujours à la Maison-Blanche pour encore 17 jours. Chaud devant.