Tout n’a pas été dit sur les vaccins. Ceux qui en doutaient encore, ont dû le constater hier. Pour cela, il ne fallait pas se brancher sur une quelconque émission diffusée par une chaine étrangère, ni se connecter pour voir un débat sur la question. Il suffisait d’écouter hier la chaine III de la radio algérienne. L’occasion d’entendre un autre son de cloche, et un langage direct plein de «nouveautés» par rapport aux non-dits et aux approximations entendus jusque là. La «source» est le Professeur Reda Djidjik, chef de service du laboratoire d’immunologie au CHU de Beni Messous à Alger.
Pour les chiffres, il a donné une estimation du nombre de personnes qui auraient été contaminées par le variant Delta de la Covid-19 lors de la troisième vague qui a ravagé l’Algérie cet été. Le professeur a parlé de 400 000 à 500 000 cas, dont 17 000 ont été hospitalisés.
L’immunologue a également évoqué les variantes concernant l’injection des vaccins. Ceux (et ils sont de plus en plus nombreux) qui ont eu à faire la première dose avec le Sputnik V, et qui, faute de disponibilité du produit, ne sont finalement pas obligés d’attendre un éventuel arrivage de cargaison. L’interchangeabilité entre dorénavant dans le lexique covidien. Si vous avez été vacciné (première dose) par le Sputnik V, et que vous attendez depuis deux ou trois semaines, alors sachez que les délais sont dépassés pour aspirer à un rappel. Après cette période, vous n’aurez plus d’autres choix que d’opter pour une autre… première dose, qu’elle soit celle du vaccin russe ou un autre produit. Tout simplement, la troisième dose s’impose d’elle-même aux «Sputnikiens». Et pas que.
Le Pr Djidjik n’a pas omis de sous-entendre qu’il ne faut pas s’attendre à d’autres cargaisons du vaccin russe, et qu’il va falloir se contenter des autres que l’Algérie a pu se procurer, essentiellement ceux de provenance de Chine.
Reste un autre dossier que l’immunologue a cité et qui risque de susciter plus que des remous. Il s’agit du «projet» de vaccination des enfants. Le Pr Djidjik a affirmé que c’était «compliqué d’accepter cela sur le plan éthique», avant de lâcher «on ne vaccine pas pour l’intérêt de l’enfant, mais pour l’intérêt collectif» ! Une affirmation qui aura bien du mal à passer.