Les précipitations de ces derniers jours, en particulier dans le centre du pays, sont une bénédiction ô combien attendue après le stress hydrique dont souffre toujours le pays après le long cycle de sécheresse qu’il a connu. L’arrivée de ces pluies n’est cependant pas sans pertes humaines, dégâts matériels et désagréments dont l’origine est en grande partie due à l’impréparation aux intempéries et à la qualité de nos infrastructures, notamment routières.

Par NAZIM B.
Comme il y a quelques jours, les intempéries sur Alger et d’autres villes du pays ont causé d’importants dégâts et des routes bloquées sur plusieurs axes.
Les usagers n’ont pas contenu leur colère devant la répétition de ce décor qui les contraint à passer des heures et des heures dans la voiture à attendre désespérément le déblocage. Certains ont vécu le cauchemar pointant la responsabilité des autorités et des entreprises réalisatrices des ouvrages.
La récurrence de mares d’eau et de débordements suscite l’agacement des citoyens qui ne comprennent pas pourquoi sont-ils tenus de compter avec des embouteillages monstres et le blocage des routes dès que sont enregistrées des dizaines de millimètres de pluie.
« C’est inimaginable, j’ai mis environ 4 heures entre Réghaïa et Ben Aknoun », témoigne sur les réseaux sociaux une enseignante qui n’a pas pu rejoindre son lieu de travail.
A Beni Messous, les inondations ont été telles que la circulation a été bloquée pendant au moins deux heures au grand dam des usagers, alors qu’on a déploré, à Bouzareah, un éboulement sur la voie routière causant un embouteillage indescriptible. Devant certains établissements scolaires, les parents d’élèves ont dû se mobiliser pour aider les enfants à se frayer un chemin et sortir de l’école une fois les cours terminés au moment où les enseignants se plaignent « de salles glaciales ».

Appels à la vigilance
Cette situation exige manifestement un surcroît de vigilance de la part des automobilistes. D’autant plus que les précipitations ne se sont pas arrêtées dans l’après-midi d’hier, selon le Bulletin météorologique spécial (BMS) émis par l’Office national de la météorologie (ONM).
« Des pluies parfois sous forme d’averses orageuses affecteront, à partir de l’après-midi de ce dimanche, plusieurs wilayas du Centre du pays », avait alerté l’ONM, qui précise que ces pluies affectent les wilayas d’Alger, Boumerdès, Tizi Ouzou, Béjaïa, Jijel et Skikda.
Une autre alerte de pluies, avec rafales de vent sous orages, concerne les wilayas de Chlef, Aïn Defla, Médéa, Tipasa, Blida, Alger, Boumerdès, Tizi Ouzou et Bouira, ajoute la même source.
La validité de cette alerte débute le lundi 15 novembre 2021 à 09H jusqu’à mardi 16 novembre 2021 à 15H au moins, selon le même bulletin, soulignant que les quantités de pluies sont estimées entre 40 et 60 mm pouvant atteindre ou dépasser localement 80 mm.
De son côté, la Direction générale de la Protection civile (DGPC) multiplie les appels à la vigilance à l’adresse des citoyens dès que l’ONM prévoit de mauvaises conditions climatiques.
La DGPC a usé des médias lourds et des réseaux sociaux à suivre les bulletins météorologiques sur ces mêmes supports de communication. Parmi les mesures de sécurité soulignées par la DGPC, les citoyens sont appelés à s’éloigner des oueds et des poteaux électriques et à éviter les crues et les zones inondées aussi bien pour les piétons que pour les véhicules.
Il est également donné comme consignes à se mettre à l’abri dans des lieux sûrs, à éviter de sortir de chez eux ou de conduire leurs véhicules sauf en cas de nécessité tout en respectant les règles de conduite sécurisées dans de telles conditions.
Avec le lourd bilan matériel et humain des intempéries de la semaine dernière, qui a coûté la vie à six personnes et de nombreux véhicules emportés par les eaux, les services de la Protection civile ont exhorté les automobilistes à respecter les règles de conduite en veillant à observer la distance de sécurité et à réduire la vitesse en vue d’éviter les accidents.
Un appel est également lancé pour dégager les cours d’eau à travers le nettoiement des avaloirs qui se trouvent devant leurs domiciles ou lieu de travail sans pour autant prendre le risque de curage des canaux d’assainissement.
Dans ce sillage, la Protection civile exhorte «tout un chacun à ne pas s’aventurer à traverser les routes inondées par les eaux, à ne sortir que pour les cas de nécessité absolue, notamment pour les enfants, les personnes âgées et les personnes atteintes de pathologies chroniques, à éviter l’affolement, à agir avec calme face à toute situation d’urgence».