Aucune mesure spéciale ne sera prise par la wilaya d’Alger dans l’immédiat face aux retombées des inondations survenues à Alger durant cette semaine des suites des intempéries. C’est ce qui ressort de notable dans l’intervention du wali d’Alger Abdelkader Zoukh, hier à Alger, dans le cadre du Forum du quotidien public El-Chaâb.

«Il n’y aura pas relogement d’urgence pour les familles des habitations inondées », a-t-il déclaré. « Ces familles seront prises en charge dans le cadre global de l’opération d’éradication des bidonvilles entamée en juin 2014 », a-t-il enchaîné en énumérant d’amples détails sur cette opération. Cependant, Abdelkader Zoukh a annoncé, en guise de mesures radicales, qu’un contrat de prévention des conséquences, notamment des inondations, a été approuvé par le gouvernement et conclu par la wilaya d’Alger avec un consortium international. «Un contrat a été conclu avec un consortium international pour la résilience urbaine. Il n’est pas focalisé sur les inondations uniquement mais sur l’ensemble des catastrophes naturelles», a annoncé Abdelkader Zoukh sans de plus amples détails sur le montant du contrat. Sauf qu’il a indiqué que le consortium en question est présidé par un Algérien et qu’il porte sur une étude devant s’étaler sur deux ans afin de dégager un plan d’actions et les mesures à prendre pour faire face aux catastrophes naturelles. «Les pluies et la neige qui sont tombées sont une bénédiction de Dieu. Les précipitations servent à alimenter la population en eau potable à 80%, pour l’irrigation, pour remplir les barrages, les forages et les nappes», a-t-il lancé dans une longue tirade. Avant de se réjouir que «le pire a été évité». «La crue d’Oued El Harrach est une crue centenaire. La précédente est survenue en 1954. Fort heureusement, les 7 000 familles résidant près d’Oued El Harrach et 2 000 autres à Oued Ouchayeh ont été relogées bien avant que les intempéries ne surviennent. Nous avons évité le pire», a-t-il insisté comptant sur « la bénédiction de Dieu », la « protection de Sidi Abderrahmane », saint-patron d’Alger, une « météo clémente ».

Poursuite de l’opération de relogement : dès que les conditions météo le permettront
«Nous préparons actuellement la 22e opération de relogement. Elle sera organisée dès que les conditions météo le permettront. Je demande à la population patience et sérénité. Il y aura une 23e, 24e, 25e et, pourquoi pas, une 26e et une 27e opération de relogement», a promis le wali d’Alger. «Après cette phase d’éradication des bidonvilles, nous prendrons en charge le cas des familles habitant dans les haouch, sur les terrasses, dans les caves et à l’exigu», a-t-il également dit.
«L’éradication des bidonvilles n’est pas restreinte à la seule capitale Alger. Un recensement national a été effectué en 2007 :
72 000 familles ont été recensées à travers les bidonvilles d’Alger et pour ce faire, la capitale a bénéficié d’un quota de 84 000 logements sociaux et d’un autre de 45 000 unités selon la formule LSP. En sus, il y a les formules AADL et LPP », a-t-il souligné.
Aussi, 36 000 familles ont été relogées depuis le début de l’opération relogement, en sus de 10 000 autres dans le cadre du LSP. En matière de réclamations, il a indiqué que 7 500 recours sur un total de 15 000 ont été jugés recevables et qu’ils sont traités au fur et à mesure.

Eloge du PDAU
Sur un autre registre, l’ancien wali de Sétif a été évasif sur l’idée de Boughezoul, capitale économique du pays. Il a mis en avant un droit de réserve mais a lancé : «Maintenant il y a le PDAU, Plan directeur d’architecture et d’urbanisme».
Il a également démenti que la capitale connaîtrait une expansion au détriment des wilayas de Tipasa et de Blida. Il a préféré plutôt faire l’éloge du Plan stratégique d’Alger 2015-2035, adopté en Conseil de gouvernement en novembre 2011.
« Ce plan vise à redorer l’image d’une Alger défigurée. L’Etat a mis les moyens et budgets en conséquence mais je demande aux Algérois de s’impliquer», s’est-il exclamé. En plus du relogement, les ateliers, chantiers et projets lancés portent sur la réhabilitation de la ville, à l’instar de celle des Sablettes ou encore du Parc des Grands-Vents.
« Les opérations inscrites portent également sur un plan de circulation automobile, la promotion des transports en commun, le foncier libéré devant abriter des aires de loisirs et des espaces verts… », s’est également exprimé Abdelkader Zoukh.