Les élections sénatoriales portant sur le renouvellement partiel des membres du Sénat, qui se sont déroulées hier à travers les 48 wilayas, ont offert un triste spectacle à Oran où les militants du FLN et du RND en sont venus aux mains dans une ambiance indescriptible.

Abritée par le siège de la wilaya, l’opération a vite tourné au vinaigre après un échange d’accusations et d’amabilités entre les partisans des deux partis qui voulaient manifestement peser sur le résultat du vote des élus locaux. Le désordre créé a ainsi généré une suspension de l’opération de vote pendant plus d’une heure et demie grâce notamment à l’intervention de certains parlementaires.
Il faut souligner que le renouvellement partiel des membres du Conseil de la nation mettait aux prises, dans la wilaya d’Oran, trois formations politiques, FLN, RND et MSP. Le FLN est représenté dans cette compétition par Boubekeur Mohamed, président de l’Assemblée populaire de wilaya (APW) d’Oran, alors que le RND a jeté son dévolu sur Zelmat Hicham, vice-président de l’APW. Le MSP, pour sa part, a présenté Hamou Gourara, élu à l’Assemblée populaire communale (APC) d’Oued Tlelat.
A l’origine de ce grabuge, la position du parti de TAJ d’Amar Ghoul et celle du MPA d’Amara Benyounès, qui ont décidé de voter pour le candidat du FLN, ce qui n’a pas été du goût des partisans du RND.
Mais pour le directeur de l’organisation et des affaires publiques au niveau de la wilaya d’Oran, Ahmed Mahmoudi, la source de cette anarchie «est un conflit personnel» entre les élus en compétition, faisant état de la mobilisation de tous les moyens nécessaires pour la réussite de l’opération.
Manifestement, l’ambiance qui a marqué cette opération dans la capitale de l’Ouest jette le discrédit sur l’opération qui devrait se dérouler dans la sérénité dans la mesure où l’acte de vote ne concerne que les élus locaux. Mais voilà que même ces élus donnent, malheureusement, la triste image de la pratique politique et de la compétition électorale.
Car, à l’évidence, rien ne peut justifier un recours à de tels procédés. Et quand de tels actes sont accomplis par des candidats à des postes dans les institutions de l’Etat, c’est justement l’image de ces mêmes institutions qui est ternie.
Attendues ainsi comme le rendez-vous devant permettre de vérifier la discipline partisane et les capacités de chaque formation à faire adhérer des élus autres que les siens à sa cause, les élections sénatoriales n’ont fait visiblement que confirmer le degré poussif de la pratique politique tombée si bas.
Les images provenant du siège de la wilaya d’Oran et partagées sur la toile ont choqué et consterné beaucoup d’internautes, qui se sont interrogés sur le devenir des institutions de l’Etat envahies, selon toute vraisemblance, par un personnel politique prêt à transgresser toutes les règles pour parvenir à ses fins.
L’on signale, à certains endroits, l’utilisation des moyens publics au profit de certains candidats, censés défendre le respect des règles de la compétition.
En revanche, au niveau de la capitale, l’opération de vote s’est déroulée dans des «conditions ordinaires», au niveau de quatre bureaux, supervisés chacun par quatre magistrats et un greffier, tous désignés par le ministère de la Justice, a relevé le directeur de l’Administration locale, des élections et des élus à la wilaya Ahmed Bouahmed. Il convient de souligner qu’en matière d’encadrement et de contrôle, ces élections sont supervisées, pour la première fois, par le secteur de la justice qui a mobilisé 736 magistrats répartis sur 72 bureaux de vote au niveau national, avec une moyenne de 8 magistrats pour chaque bureau dont 4 suppléants. Il faut rappeler que le Conseil de la nation, Chambre haute du Parlement, comprend 144 membres, dont les 2/3, soit 96 membres, sont élus au suffrage universel indirect, parmi les élus des assemblées locales (Assemblées populaires communales et de wilaya) au sein de chaque wilaya alors que le tiers restant, soit 48 membres, est désigné par le président de la République.
La dernière élection pour le renouvellement partiel des membres de la Chambre du Sénat s’est déroulée le 29 décembre 2015. Elle s’est soldée par la victoire du FLN, qui a gagné 23 sièges, suivi du RND avec 18 sièges, les Indépendants avec 4 sièges, FFS avec 2 sièges et Fadjr El Jadid avec 1 siège. Les résultats provisoires du présent renouvellement seront annoncés dans les prochains jours.<