Par Sihem Bounabi
Reda Belkacemi, président de l’Observatoire national de veille sur la disponibilité des produits pharmaceutiques, qui relève du ministère de l’Industrie pharmaceutique est revenu, hier, sur les efforts déployés par le département de Lotfi Benbahmed, pour assurer la disponibilité des médicaments et anticiper les fluctuations du marché.
En ce qui concerne l’insuline et les médicaments destinés au traitement du cancer et des maladies rares, Belkacemi a expliqué que « le ministère de l’Industrie pharmaceutique a anticipé les risques de perturbation et pris des mesures proactives pour faire face à la rareté de ces substances et réduire les fluctuations. Ceci tout en accordant des programmes d’importation et en augmentant les quantités par rapport aux taux de consommation normaux », lors de son passage sur les ondes de la Chaîne I de la Radio nationale.
Il a tenu à préciser concernant le traitement des malades atteints de cancer que des instructions ont été données par le président de la République pour l’ouverture d’un couloir vert pour l’importation de cette catégorie de médicaments et que le ministère s’attèle à signer en priorité les programmes d’importation de ces médicaments vitaux. Toutefois, il tient à préciser que la gestion de ces médicaments relève de la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH) qui est placée sous la tutelle du ministère de la Santé. Concernant la tension récurrente sur certaines autres catégories de médicaments, ces derniers temps, il affirme que cela concerne 20 à 50 catégories de médicaments qui, périodiquement, connaissent des tensions, c’est-à-dire que la quantité disponible est insuffisante pour répondre à la demande.
Il explique ainsi que l’une des prérogatives de l’observatoire est justement ce rôle de veille en termes de disponibilité de médicaments, notamment à travers la plateforme numérique, pour réagir rapidement en cas de perturbation où dans ce cas il y a recours à l’importation afin de répondre rapidement à la demande. Reda Belkacemi a également mis en relief l’importance de la production nationale en affirmant : « Les médicaments fabriqués localement couvrent plus de 70% des besoins nationaux, grâce aux bases réglementaires et législatives qui ont contribué à la relance de l’industrie pharmaceutique en Algérie. » Enchaînant qu’« en un an et demi, le ministère de l’Industrie pharmaceutique a pu poser de nouvelles bases organisationnelles et législatives qui ont joué un rôle majeur dans la relance de l’industrie pharmaceutique qui a fait un saut qualitatif».
Il étaye ses propos en rappelant qu’il y a eu promulgation d’une cinquantaine de textes entre arrêtés ministériels et décrets d’application dans l’optique de cette relance. Il souligne également que « l’Algérie compte aujourd’hui, grâce aux efforts déployés, environ 196 établissements pour la production de produits pharmaceutiques et de fournitures médicales et c’est ce qui a contribué à réduire la facture des importations de 66% ». Affirmant que l’« on est en bonne voie pour atteindre l’objectif de baisser l’importation à 70 % selon les instructions du président de la République ».
Revenant sur le bilan du ministère de l’Industrie pharmaceutique depuis sa création, Reda Belkacemi estime que « cela a permis de créer une atmosphère de travail optimisé et notamment de rapidement permettre à l’Algérie de produire des médicaments localement afin de satisfaire la demande, alors qu’auparavant étaient exclusivement importés à l’exemple des anticoagulants mais également de consommables à l’instar des masques de protection, dont aujourd’hui on arrive en plus de satisfaire la demande de les exporter vers d’autres pays ».
Abordant le volet de la recherche, l’intervenant sur la Radio nationale a affirmé que cet aspect est pris en charge par le ministère de l’Industrie pharmaceutique qui aspire à le promouvoir notamment avec la relance des recherches cliniques et à travers différentes formules de partenariat avec les laboratoires qu’ils soient privés ou publics et les centres de recherches spécialisées dans le domaine.
D’autre part, Reda Belkacemi a annoncé que « le Salon Algérie, qui est le premier du genre, sur l’industrie pharmaceutique », prévu à Dakar, Sénégal, du 17 au 19 mai, et organisé par le ministère de l’Industrie pharmaceutique en partenariat avec le ministère du Commerce et de la Promotion des exportations, sera marqué par la présence de 70 laboratoires algériens et vise à conquérir le marché africain. <