Le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP) Abderrezak Makri a réagi aux déclarations de Djamel Ould Abbès à propos de ses critiques à l’endroit de Mahfoud Nahnah et de la proposition d’une transition politique sous l’égide de l’institution militaire. Dans un communiqué rendu public hier, Makri donne d’emblée le ton : « Les déclarations du FLN à propos de Mahfoud Nahnah et du MSP sont fausses ».

« Nous allons rencontrer, très prochainement les responsables du FLN pour de plus amples explications à ce propos », indique Makri qui ne manque, cependant, pas de répondre à Ould Abbès : « Nahnah n’a pas besoin que l’on défende sa probité et son rôle prépondérant dans la sauvegarde du pays au moment où beaucoup de responsables politiques, parmi lesquels ses pourfendeurs, n’ont pas fait autant. » Répondant du tac au tac au secrétaire général du FLN, qui a accusé nommément Nahnah d’avoir monnayé et négocié son soutien au président de la République en 1999, Makri lance : « Nahnah n’est pas un homme de surenchère et n’est pas le genre d’homme qui peut monnayer quoi que ce soit. » « C’est lui qui a renoncé à son droit à la présidence de la République après son plébiscite en 1995 », soutient-il. Répondant tout autant à Ould Abbès qui lui a conseillé de laisser l’institution militaire en dehors du jeu politique, le président du mouvement note que « le MSP a été victime de l’ingérence de l’ensemble des institutions de l’Etat dans la fraude électorale, parmi lesquelles l’institution militaire qui a été utilisée pour changer la volonté populaire ». Intervenant sur le plan économique, Makri estime que personne ne peut nous contredire sur l’échec des gouvernements successifs quant à la réalisation de la croissance économique. « Les gouvernements ont échoué à bâtir une justice sociale, ont échoué à bâtir une véritable croissance économique, ce qui fait que nous sommes dans une crise économique profonde et structurelle. Et cette crise va être à l’origine d’une situation sociale très difficile et menaçante pour la stabilité du pays », explique-t-il. Avant de rebondir sur la problématique de la corruption : « La corruption a atteint des degrés importants et la raison en est l’absence de transparence et de contrôle dans la gestion des affaires publiques ainsi que la médiocrité, les allégeances, le régionalisme et les réseaux de corruption. » Sur le même ton offensif, Makri estime que « celui qui a un minimum de compréhension dans le domaine politique et a la moindre connaissance des expériences à travers le monde sait pertinemment que la sortie d’un état de corruption important et d’une situation de non-démocratie n’est pas facile et requiert beaucoup de temps et la participation de tous». Avant de préciser : « L’institution militaire ne s’oppose pas aux expériences heureuses de transitions politiques et économiques. » Et d’enchaîner : « L’initiative à laquelle a appelé le MSP est ce type de transition et de consensus démocratique et des libertés qui respecte les formes et les échéances constitutionnelles.
C’est pour cela que nous avions dit que l’élection présidentielle de 2019 est une opportunité à ne pas rater pour concrétiser cette réconciliation et imprimer de véritables réformes économiques et politiques ».